Qui suis-je ? C'est peut-être une question très
compliquée pour quelqu'un comme moi, qui suis née
aux États-Unis, mon pays d'origine. À mon avis,
l'identité nationale américaine se compose de
beaucoup de caractéristiques.
Qu'est-ce qu'un Américain ?
Est-ce quelqu'un qui a des racines amérindiennes ou quelqu'un
qui a la peau blanche, noire, jaune ou rouge ? Est-ce quelqu'un
qui a immigré aux États-Unis ou dont les ancêtres
habitaient dans d'autres pays ou quelqu'un qui parle anglais
et souvent d'autres langues comme le français, l'espagnol,
l'allemand, le chinois, le japonais ? Est-ce quelqu'un qui accepte
et célèbre d'autres cultures ou quelqu'un qui
est juif, catholique, protestant, hindou, baptiste ?
Qu'est-ce qu'un Américain ?
Est-ce quelqu'un qui croit en la vie, la liberté, et
le bonheur ou quelqu'un qui participe dans une démocratie
? Est-ce quelqu'un qui soutient un système de libre entreprise
et l'égalité pour tout le monde ou quelqu'un qui
déteste la guerre et le chômage ?
Qu'est-ce qu'un Américain ?
Est-ce quelqu'un qui fête le 4 Juillet avec des grillades
en plein air, des hamburgers, et des hotdogs ou quelqu'un qui
porte les jeans et aime manger la tarte aux pommes ? Est-ce
quelqu'un qui dîne au restaurant chinois le lundi soir,
au restaurant italien le mercredi soir, et au restaurant mexicain
le vendredi soir ou quelqu'un qui déjeune chez McDonald's
cinq jours par semaine ? Est-ce quelqu'un qui visite le Monde
de Disney au moins une fois ou quelqu'un qui suit les matches
de football, de base-ball, et de golf ?
Qu'est-ce qu'un Américain ?
Est-ce quelqu'un qui possède le rêve américain,
être propriétaire de sa propre maison, ou une famille
qui conduit deux voitures et qui a au moins deux téléviseurs
? Est-ce quelqu'un qui détient beaucoup de cartes de
crédit ou quelqu'un qui fait les courses chez Wal-Mart
plusieurs fois par mois ?
Qu'est-ce qu'un Américain ?
Est-ce quelqu'un qui craint le cancer du sein, le cancer de
la prostate, et la maladie du cur ? Est-ce quelqu'un qui
est concerné par la pollution et l'environnement ou quelqu'un
qui désire explorer des sources alternatives d'énergie
?
Je crois que toutes les caractéristiques précédentes
contribuent à l'identité nationale des États-Unis,
entre autres choses. C'est vrai, les États-Unis sont
comme un creuset de cultures, une terre d'immigration, un pays
hétérogène, une société multiculturelle.
Moi, je possède beaucoup des caractéristiques
américaines que j'ai mentionnées. Par exemple,
j'ai des racines amérindiennes du côté de
ma mère et mes ancêtres ont immigré du Canada
et de l'Allemagne aux États-Unis. Je continue à
parler et à écrire le français parce que
c'est ma langue maternelle, la première langue de ma
mère. Ses parents ont émigré du Québec
au Maine ici aux États-Unis. Je suis multiculturelle
moi-même.
Alors, je soutiens la liberté et l'égalité
pour toutes les cultures et pour tout le monde. Je pratique
mon droit de voter dans une démocratie. Je fête
le 4 Juillet, j'ai des jeans, et j'aime bien la tarte aux pommes.
Je déteste la guerre, le chômage, et la pollution.
Au lieu de consommer du pétrole, je pense à produire
moi-même de l'énergie solaire, du vent, et du bois
chez moi.
En plus, j'ai réalisé le rêve américain,
ayant ma propre maison que je partage avec mon mari. Nous possédons
deux téléviseurs. J'ai visité le Monde
de Disney trois fois. Je fais les courses chez Wal-Mart plusieurs
fois par mois.
Je pense que cette question de l'identité nationale est
toujours importante aux États-Unis à cause du
racisme. À mon avis, il est essentiel que nous examinions
et connaissions notre identité nationale ici aux États-Unis
parce qu'elle est si diverse et parce qu'elle cimente le sentiment
communautaire. C'est la terre commune sur laquelle nous marchons
tous. C'est aussi ce qui détermine que je suis américaine.
D'autre part, il est également important que je reconnaisse
mes racines allemandes, québécoises, et amérindiennes
pour répondre à la question, " Qui suis-je
" ? Selon moi, il est important que j'entretienne mes racines,
en étudiant la langue française et en pratiquant
la roue amérindienne de médecine, parce que la
diversité crée une vie riche pour moi et pour
mon pays. Les États-Unis sont très riches à
cause de leur diversité culturelle. De plus, notre diversité
nous aide à embrasser toutes les cultures du monde.
Enfin, la liberté et l'immigration sont le fondement
des États-Unis. Il y a même une théorie
selon laquelle les Amérindiens ont immigré en
Amérique du Nord il y a longtemps d'un autre continent,
l'Asie. Est-il possible que l'identité nationale des
États-Unis soit l'immigration ? C'est certainement quelque
chose que nous avons tous en commun.
Qu'est-ce qu'un Américain ? Qui suis-je ?
Je suis américaine !
Ginny SAND
Qui sont les Franco-Américains de Nouvelle-Angleterre?
Aujourd'hui, la population d'origine Franco-Américaine
s'élève à 1,5 million de personnes en Nouvelle-Angleterre.
Elle se concentre dans le nord et le sud du Maine, l'ouest du
Vermont, le centre et sud est de la Nouvelle-Angleterre. Les
villes avec le taux le plus élevé de Francos sont
: Biddleford Saco et Lewiston-Auburn (Maine), Manchester (New
Hampshire), Woonsocket (Rhode Island) et Central Falls (Massachusetts).
D'après le recensement de 2000 (US Census 2000), 5,3%
de la population du Maine parle le français à
la maison (devant la Louisiane, avec 4,3%). Les proportions
sont également fortes dans le reste de la Nouvelle-Angleterre
: 3,4 % dans le New Hampshire, 2,5% dans le Vermont, 2% dans
le Rhode Island et 1,5% dans le Massachusetts. Le français
est la seconde langue la plus parlée dans le Maine, le
Vermont et le New Hampshire.
Un héritage historique
Le terme Franco-Américain, ou " Franco ",
désigne en fait les descendants des Franco-Canadiens
qui se sont installés dans la deuxième moitié
du 19 e siècle et au début du 20 e en Nouvelle-Angleterre
et dans le nord de l'État de New York. Ils sont à
l'origine Québécois et pour certain d'entre eux
Acadiens.
Ils fuirent d'une part les conditions de vie difficiles du Québec,
qui souffrait à l'époque d'une crise du secteur
de l'agriculture, et des Provinces Maritimes (Nouveau-Brunswick,
Nouvelle-Écosse), dont les économies ne pouvaient
faire face à une population en constante expansion. D'autre
part, ils furent attirés par les salaires et le niveau
de vie plus élevés proposés en Nouvelle-Angleterre.
Il était plus facile de trouver un travail mieux payé
aux États-Unis dans les larges usines de textiles de
Nouvelle-Angleterre. Cet attrait de la Nouvelle-Angleterre s'explique
aussi évidemment par la proximité géographique.
Au début de l'immigration, les Francos s'installèrent
dans le Maine, le New Hampshire et le Vermont, puis vers la
fin du 19 e ils commencèrent à s'aventurer vers
le sud de la région, dans les grandes villes textiles
du Massachusetts et du Rhode Island.
Les Francos jouèrent donc un rôle prépondérant
dans le développement industriel de la Nouvelle-Angleterre
de la fin du 19 e siècle. Ils participèrent aussi
au renforcement des institutions catholiques.
Sur place, les Francos luttèrent farouchement pour conserver
leur identité. Ils vivaient en communauté dans
des quartiers surnommés " Little Canadas "
(les Petits Canadas), véritables bastions où l'on
pouvait trouver des médecins, des bouchers et autres
boulangers qui parlaient français. Ils créèrent
ainsi des petits îlots francophones au milieu des villes
américaines totalement anglophones. Ces communautés
étaient largement organisées autour des paroisses
dirigées par des prêtres francophones envoyés
du Québec.
Les Francos étaient suffisamment nombreux en Nouvelle-Angleterre
pour avoir leurs propres paroisses, écoles, journaux
et associations. Ce qui explique la multiplication des établissements
scolaires bilingues de l'époque. En effet, il existait
en 1949 200 établissements qui se détachaient
par leur doctrine et leur attachement à l'apprentissage
du français. Ces écoles étaient administrées
par des religieuses québécoises et franco-américaines.
Elles formèrent de nombreux étudiants à
des professions prestigieuses, grâce à la rigueur
et à la qualité de l'éducation qui y était
dispensée. Dans les années 60, ces établissements
commencèrent à disparaître.
La communauté franco a été également
marquée par les grands journaux qui en sont issus. Entre
1960 et 1970, plus de trois cents journaux francophones furent
créés. Le premier, Le Protecteur canadien, vit
le jour à St Albans (Vermont) en 1868. Pendant l'âge
d'or du journalisme franco-américain, entre 1880 et 1900,
le journal Le Travailleur (1874-1886) et son créateur
Ferdinand Gagnon donnaient le ton. Il existait encore 25 journaux
francophones en 1935, mais le dernier, Le Travailleur, cessa
sa diffusion en 1978.
Deux tendances diamétralement opposées se sont
cependant développées dans la communauté
franco-américaine : d'un côté, ceux qui
refusaient l'assimilation et prônaient la survivance ;
et de l'autre, la jeune génération qui voulait
s'intégrer totalement à la société
américaine en adoptant leurs coutumes et surtout leur
langue.
La culture Franco a alors traversé une crise dans la
seconde moitié du 20 e siècle. Ce phénomène
a été attribué à de multiples facteurs
: la baisse de la natalité, l'inflation l'essor économique
du Québec d'après guerre et le déclin de
l'industrie du textile en Nouvelle-Angleterre, ainsi que le
déclin du catholicisme. L'évolution sociale de
la communauté Franco explique également cette
crise. En effet, lorsque les Francos commencèrent à
occuper des postes plus élevés, ils quittèrent
leur communautés autonomes. Cette dispersion géographique
mit fin à l'isolationnisme culturel et accéléra
le processus d'assimilation.
Cependant, la révolution silencieuse au Québec
dans les années 1960 poussa à un regain d'intérêt
des Francos pour leur héritage francophone. Ce fut l'occasion
pour des commémorations, festivals et autres évènements
publics de voir le jour ainsi que la création de nombreuses
organisations ayant pour but de promouvoir et de faire perdurer
la culture franco-américaine.
Aujourd'hui
De nos jours, la communauté francophone de Nouvelle-Angleterre
accueille en son sein de nouveaux éléments, marquant
ainsi son dynamisme. En effet, de nombreux immigrants arrivant
dans la région sont d'origine ouest-africaine ou haïtienne
et apportent ainsi leur héritage francophone.
La scène culturelle francophone de Nouvelle-Angleterre
comprend des organisations importantes et dynamiques, comme
la " French Library/Alliance Française de Boston/Cambridge
" et le Centre d'Héritage Franco-Américain
du Maine, à Lewiston.
L'éducation francophone connaît également
un succès croissant en Nouvelle-Angleterre. Des institutions
connues, telles l'École Internationale Bilingue de Boston,
sont maintenant rejointes par de nouveaux établissements,
comme l'École Française du Maine, à Freeport,
et l'École Française du Rhode Island, à
Providence. Toutes ces organisations sont privées. En
outre, plusieurs districts éducatifs du Massachusetts
proposent des programmes d'immersion en français au sein
de leurs écoles publiques., comme c'est le cas à
Milton et Holliston. Les plus prestigieuses, accueillent des
départements de français de grande qualité.
Dans le domaine scientifique, de nombreux partenariats franco-américains
existent dans la région. Parmi les plus actifs, on trouve
le Programme MIT-France, qui met en raport le Massachusetts
Institute of Technology avec des centres de recherches et des
entreprises françaises. De nombreux scientifiques et
ingénieurs se sont également expatriés
dans la région, attirés par le dynamisme de la
recherche scientifique en Nouvelle-Angleterre, et travaillent
pour des compagnies américaines ou françaises.
(Source : Service de Presse
du consulat général de France à Boston)