France-Amérique

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" De la francophilie en Amérique "
Le mot de la fin, positif et encourageant
Pour conclure

Nous avons rencontré des vivants, mais aussi beaucoup de disparus, dispersés dans le temps, témoins que l'on se transmet, qui passent souvent d'une génération à l'autre : universitaires ayant consacré leur vie à la France, écrivains de la Beat Generation que Paris et nos auteurs ont fait rêver, artistes, peintres, musiciens qui ont ouvert la voie de la francophilie, collectionneurs qui ont fait entrer dans les musées de toute l'Amérique une partie de notre patrimoine regardé aujourd'hui avec admiration par ces foules anonymes que nous avons côtoyées, scientifiques parfois dans les étoiles, soldats des deux guerres restés sur notre sol dans ces immenses cimetières aux simples croix blanches.

Les routes se croisent et ne s'arrêtent pas. La passion est toujours perceptible, ce n'est jamais la raison qui conduit à se souvenir, à vouloir transmettre, à vouloir construire un futur ensemble.


Mais en même temps une charge émotionnelle aussi forte conduit de part et d'autre de l'Atlantique à une prise en compte de facteurs que beaucoup à tort estiment dépassés, vieux jeu, obsolètes. La langue française dans le monde de la francophonie, dans la plupart des États africains, reste la langue de la liberté et de la culture, chance immense d'avoir une langue dont le pouvoir de séduction reste intact, une langue riche, sensuelle, harmonieuse, capable d'évoluer encore aujourd'hui et de s'enrichir au contact de ceux qui sont venus s'installer chez nous.

L'anglais est indispensable, c'est une banalité de l'écrire, mais que dire de la prétention d'un certain nombre de Français - ce n'est pas le cas des autres francophones -, si fiers de montrer leur parfaite aisance en anglais au point qu'ils en oublient qu'une partie de leur attrait est justement liée à tout ce " Back-ground " culturel ?

Il faut désormais ouvrir le monde non pas uniquement sur l'utilitaire, calcul à courte vue, mais aussi sur le rêve, et le rêve passe par un monde différent. La chance de la France, entre autres, c'est sa polysémie, à la fois Versailles et la Révolution, la grisette et la marquise, le café et le palais, l'intellectuel et le paysan, la Méditerranée et l'Atlantique, et au-delà, toutes les terres de francophonie qui ont su réaliser de subtils métissages.

 

 

 

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