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De la francophilie en Amérique "
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Un engoument passionné pour les méandres
littéraires de l'écrivain
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Comment oublier le romancier
Louis Auchincloss, que nous avons longuement interrogé,
si fier de nous montrer sur les étagères de sa
bibliothèque la première édition de À
la recherche du temps perdu ? En 1997, à New York,
se crée la Proust Society of America, organisant chaque
année des cycles de conférence, des dîners-
débats, par exemple, sur Proust et la mode par Valerie
Steele.
Et que dire du Proust Project
de 2004 ? Vingt-huit auteurs américains ont tenu
à y participer et évoquent la question mémorielle
posée dès la première ligne par André
Aciman dans sa préface : " Beaucoup d'entre nous
se souviennent qui ils étaient, où ils étaient
et ce qu'ils faisaient quand ils ont rencontré Proust
pour la première fois. " Chacun a choisi un passage
de À la recherche du temps perdu et le commente brièvement.
Plus de quatre cents personnes se pressaient à la rencontre
organisée autour du livre, racontent Anka Muhlstein et
Louis Begley, deux auteurs parmi les vingt huit . En Alabama,
William Carter à la fin des années 80 est arrivé
à faire lire Proust à toute la ville de Birmingham,
véritable " proustification ", nous raconte
Elyane Dezon-Jones, professeur dans le Missouri !
Tout aussi étonnant et expliqué par Emily Eells,
la société d'amateurs de San Francisco, Marcel
Proust Support Group, dont les divers membres, durant onze
mois, ont entrepris la lecture quotidienne des pages de À
la recherche du temps perdu, avec une passion à l'égard
de l'écrivain français telle, que dans leur résidence,
un mur entier est couvert de citations de Proust. Le Proust
américain est-il le Proust français ? Pas certain.
L'homosexualité de Proust est retenue en tant qu'aspect
dominant, en particulier sur la côte Ouest des États-Unis.
Il devient le modèle de la littérature "
gay " américaine, comme son biographe, Edmund White,
en est le chef de file. En même temps, il est la cible
de prédilection des caricaturistes, David Levine pour
le New York Times, Phyllis Herfield, pour la New York Review
of Books ou encore Ed Arno pour le New Yorker, montrant ainsi
son extrême popularité outre-Atlantique.
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