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DOSSIER - LES AMERICAINS SONT-ILS ANTI-FRANCAIS ?


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Art - Une histoire d’amour franco-américaine
Sébastien, curator chez Diesel

On dit les Français peu ouverts sur l’international. Sébastien Agneessens, 29 ans, en est un contre-exemple. Alors jeune étudiant en école de commerce, il profite des opportunités d’échange qui lui sont offertes pour faire le tour de l’Europe. MBA italien en poche, il en décroche un deuxième dans la foulée aux Etats-Unis. Un parcours sans faute ponctué de stages dans les plus prestigieuses multinationales. Seulement voilà, en chemin, il croise New York et l’univers de l’art contemporain. C’est le coup de foudre.

Tout juste trois ans qu’il est à New York et son CV, déjà bien fourni, s’est enrichi de nouvelles expériences. Sauf que maintenant, c’est davantage sa fibre artistique qu’il met en valeur. Le jeune Français, natif de Blois, fait déjà des étincelles dans le milieu artistique new-yorkais.

Au départ, il devait juste faire escale mais, comme beaucoup, il décide de rester. Et trouve un emploi chez Bourgeois, mais nourrit secrètement le projet d’ouvrir sa propre galerie.

Parallèlement à son activité professionnelle, il se lance dans la rénovation de son loft, mettant à profit les talents d’architecte de son ami et colocataire, pour en faire ce qui était, il y a encore deux ans, la seule galerie du Lower East Side. C’est un baptême du feu réussi pour The Point, le nom de sa galerie, qui entend explorer les possibilités offertes par les nouvelles technologies. Mais pas question pour autant de laisser tomber ses premières amours : le business. Ainsi, il crée en juin 2001 une société de production, «Forma-vision».

Sa profession de foi : « Faire de belles images n’est plus la préoccupation principale de l’art contemporain, il s’agit de rebondir sur les phénomènes de société ».

La carrière de Sébastien résume à elle seule la tendance actuelle du marché de l’art, dont les limites avec l’entreprise sont de plus en plus ténues. C’est pour l’avoir compris très tôt qu’il se retouve aujourd’hui le premier curator — autrement dit, commissaire d’exposition — de… la marque de vêtements Diesel !

Un poste créé sur mesure pour lui car sa vision rejoint finalement celle de l’image de (la) marque qu’il sert : critiquer la société de consommation tout en en faisant partie.

Qui mieux qu’un Français aurait pu relever ce défi ? Son origine n’y est sans doute pas pour rien, car « elle m'apporte un recul sur le modèle américain et consumériste de notre société, ainsi qu'une certaine culture « plastique » ou plus généralement esthétique », analyse-til avec distance.

Un esprit critique qui fait selon lui l’attrait de la génération montante d’artistes français. Pour le show Diesel dont il a les commandes, il a choisi de mettre à l’honneur Zabaleta, un artiste, résidant en France mais qui a bâti sa carrière aux Etats-Unis.

Intitiative inédite que cette sorte d’album photos qui a pour support du papier papier peint, papier peint qui va peut être servir de décoration aux différents magasins Diesel.

Son réseau ne se limite pas aux seuls artistes français, même si comme il le dit : « Français vivant à New York, c'est déjà un statut à part entière ! ».

Audrey KHALIFA

Exposition de l’artiste Zabaleta à la galerie Diesel, 68, Greene Street (entre Spring et Broome).
 


 



 



 

 

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