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DOSSIER - FRANCOPHONIE 2004


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 Francophonie de tous les pays

 
AFGHANISTAN Avenir incertain
Va-t-on perdre Kaboul ?

Le lycée Istiqlal, dont les bâtiments d’un modernisme vieillot, inaugurés au printemps 1968 par Georges Pompidou, se dressent à l’ombre des pins, dans le centre de Kaboul, est le vestige d’un Afghanistan disparu. Tentant aujourd’hui péniblement de renaître, après avoir été la victime successive des communistes, de la guerre civile entre les moudjahidins, puis des Savonarole du régime des talibans, le lycée français de Kaboul est le symbole d’une étrange rencontre culturelle entre la France triomphante des années 20, et un royaume reculé d’Asie centrale.

Se méfiant de la Grande-Bretagne et de la Russie, les deux puissances qui se disputent depuis un siècle le contrôle de son pays, le roi réformateur Amanullah se tourne à l’époque vers Paris.

Aussi envoie-t-il quarante fils de l’aristocratie et de la noblesse faire leurs études au lycée Janson de Sailly. Parmi eux, le futur et dernier roi, Zaher Chah. Cela pour doter le pays d’une élite moderne.

A Kaboul, le lycée « Amaniya » s’impose, dès son ouverture, comme le plus prestigieux établissement du pays. Toute la noblesse et la bourgeoisie y font leurs études.

Le français devient la langue des élites en Afghanistan. Rebaptisé « Istiqlal », qui signifie indépendance, le lycée compte parmi ses élèves le futur Ahmed Shah Massoud, avant de péricliter sous le sinistre régime communiste, d’où la plupart des cadres sont pourtant issus.

Les professeurs français du lycée sont alors chassés, avec, pour l’enseignement de notre langue, les conséquences que l’on devine.

La guerre civile entre les factions de moudjahidins qui dévaste Kaboul entre 1992 et 1996, met à mal les bâtiments, avant que l’obscurantisme des talibans ne transforme Istiqlal en une « madrassa ».

Réouvert en 2002, grâce à un financement français, Istiqlal peine pourtant à retrouver son rôle de phare.

A Kaboul, les francophones sont désormais de vieux messieurs, et qui ne transmettent plus leur verbe châtié et la syntaxe impeccable appris à Istiqlal, dont ils conservent un souvenir nostalgique et des fragments de fables de la Fontaine...

Par Adrien JAULNES



 

 

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