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DOSSIER - FRANCOPHONIE 2004


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  Francophonie de tous les pays

 
Levons l’étendard !
Le pire ennemi de la francophonie, c’est le francophone qui se conduit en colonisé. Le diplomate du Quai d’Orsay qui répond en anglais aux questions posées en français, le journaliste de la télévision qui interroge en anglais les personnalités étrangères, pourtant capables de s’exprimer en français, le jeune cadre qui dit « e-mail » ou « software », alors que « courriel » et « logiciel » conviendraient parfaitement. Tous sont complices de leur propre défaite face au raz de marée anglo-saxon.

Javier Pérez de Cuéllar : « La clé, c’est la volonté politique »
Un entretien avec Javier Pérez de Cuéllar, ambassadeur du Pérou à Paris, qui a été secrétaire général de l’ONU de 1982 à 1992.

Francophones de tous les pays... !
Le cœur d’une culture, c’est sa langue, et la langue française véhicule des concepts qui ne sont pas ceux des Anglo-Saxons... » L’homme qui tient ces propos s’appelle Ahmed Youssef. Il est égyptien. Arabe et anglophone, il est le rédacteur en chef adjoint de l’édition parisienne du plus grand quotidien du monde arabe al-Ahram, dont la rédaction française se trouve sur les Champs-Elysées.

Abdou Diouf : « Nous nous battons contre une langue unique »
Abdou Diouf, président du Sénégal de 1981 à 2000, a été élu secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie le 20 octobre 2002, succédant à l’Égyptien Boutros Boutros-Ghali.

« Bug » français au cœur de la Matrice
C’est un salon garni de canapés en cuir et en velours dans un bar de l’élégant quartier du Flatiron à New York. Ils sont une cinquantaine, quasiment tous américains, un verre de vin à la main, et la musique d’un disque curieusement décalé de Stéphanie de Monaco dans les oreilles.


Afrique : L’éducation de base en pleine crise
En Afrique, le plus grand réservoir de francophones du monde, la francophonie ne se porte pas bien. Le français, héritage de la colonisation et de l’histoire, y est de moins en moins parlé par les jeunes. La cause principale n’est pas difficile à découvrir : l’enseignement de base s’étiole. Le français, là-bas, s’apprend la plupart du temps à l’école primaire.

Liban : L’anglais en terrain conquis
En plein cœur d’Achrafieh, le quartier chrétien de Beyrouth, bastion de la francophonie, l’anglais ne cesse de marquer des points. L’ABC, le premier grand centre commercial de la capitale, a choisi la langue de Shakes-peare pour tous ses panneaux de signalisation. « La société qui les a créés est anglo-saxonne. De plus, nous visons une large clientèle incluant les touristes en provenance du Golfe », explique le directeur des lieux. Au Liban, le français n’est plus vendeur.

Afghanistan : Va-t-on perdre Kaboul ?
Le lycée Istiqlal, dont les bâtiments d’un modernisme vieillot, inaugurés au printemps 1968 par Georges Pompidou, se dressent à l’ombre des pins, dans le centre de Kaboul, est le vestige d’un Afghanistan disparu. Tentant aujourd’hui péniblement de renaître, après avoir été la victime successive des communistes, de la guerre civile entre les moudjahidins, puis des Savonarole du régime des talibans, le lycée français de Kaboul est le symbole d’une étrange rencontre culturelle entre la France triomphante des années 20, et un royaume reculé d’Asie centrale.

Francophonie de tous les pays

La liberté suit les mots
Depuis l’accord de Brioni (juillet 1991), nos observateurs militaires dans les Balkans devaient communiquer entre eux en anglais, ainsi en avaient décidé à l’époque les ministres des Affaires étrangères, dont le nôtre. Les procédures d’approche des aéroports sont en anglais et en anglais seul. Les médecins qui font une communication scientifique, même à un congrès se déroulant en France, doivent la faire en anglais pour pouvoir être publiés dans la presse spécialisée.

Pivot, notre saint-bernard
Diantre ! Péronnelle, brim-borion, fesse-mathieu, matutinal, saperlipopette, etc. Dans son dernier opuscule, Bernard Pivot a recensé 100 mots qui sont à sauver, il les énumère comme on égrène une grappe de raisins dorés, juteux. Ce n’est pas un monument aux morts. Pas question de pleurer des vestiges. Ni chagrin ni grincheux, Pivot lutte pour l’enrichissement de la langue et non contre son dépérissement.

Alliance française :une subvention de l’État dérisoire
Paradoxe : alors que l’Alliance française est en expansion un peu partout dans le reste du monde — récemment, Erevan et Bethléem ont ouvert leurs portes —, c’est l’Europe qui lui pose problème. « Nous sommes de plus en plus sollicités pour des ouvertures d’Alliances françaises, explique Jean-Claude Jacq, secrétaire général. Le Mexique, l’Inde (où l’Alliance française de Pondichéry fut la deuxième à se créer, en 1889, six ans après celle de Paris), le Brésil sont nos vaisseaux amiraux.

Denys Arcand : « Je suis le VRP du français »
A peine a-t-il commencé à répondre à une question que l’on est sous le charme. Le réalisateur du Déclin de l’empire américain possède cet inimitable accent qui le rend si séduisant à toute oreille française. Oui, Denys Arcand est un Québécois jusqu’au bout des dentales. Francophone, également, bien sûr. Par nature, mais aussi par convic-tion. Il y a quelques semaines, il obtenait à Paris trois césars pour son magnifique film Les Invasions barbares (1), et s’étonnait que la France puisse faire de lui son champion pour un an.

Alain Decaux : « Il n’est pas trop tard pour agir »
Pendant trois ans (1988-1991), Alain Decaux a été ministre délégué à la Francophonie. Il évoque sa mission, ses combats et ses craintes.

Des origines du français
Si François Ier n’avait pas chassé, en 1539, dans la forêt de Villers-Cotterêts, nous écririons peut-être encore en latin. La langue des Romains était revenue en force parmi les clercs, qui donnaient des racines latines à tout va, y compris aux mots d’origine arabe. Bref, le roi de France, tout en laissant courir sa meute sur la voie d’un dix-cors, royal évidemment, songea que « les arrêts devaient être clairs et entendibles ».



 

 

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