Levons
létendard !
Le
pire ennemi de la francophonie, cest le francophone qui se
conduit en colonisé. Le diplomate du Quai dOrsay qui
répond en anglais aux questions posées en français,
le journaliste de la télévision qui interroge en anglais
les personnalités étrangères, pourtant capables
de sexprimer en français, le jeune cadre qui dit «
e-mail » ou « software », alors que « courriel
» et « logiciel » conviendraient parfaitement.
Tous sont complices de leur propre défaite face au raz de
marée anglo-saxon.
Javier
Pérez de Cuéllar
: « La clé, cest la volonté politique
»
Un
entretien avec Javier Pérez de Cuéllar, ambassadeur
du Pérou à Paris, qui a été secrétaire
général de lONU de 1982 à 1992.
Francophones
de tous les pays... !
Le
cur dune culture, cest sa langue, et la langue
française véhicule des concepts qui ne sont pas
ceux des Anglo-Saxons... » Lhomme qui tient ces propos
sappelle Ahmed Youssef. Il est égyptien. Arabe et
anglophone, il est le rédacteur en chef adjoint de lédition
parisienne du plus grand quotidien du monde arabe al-Ahram,
dont la rédaction française se trouve sur les Champs-Elysées.
Abdou
Diouf : « Nous nous battons contre une langue unique »
Abdou
Diouf, président du Sénégal de 1981 à
2000, a été élu secrétaire général
de lOrganisation internationale de la Francophonie le 20
octobre 2002, succédant à lÉgyptien
Boutros Boutros-Ghali.
«
Bug » français au cur de la Matrice
Cest
un salon garni de canapés en cuir et en velours dans un
bar de lélégant quartier du Flatiron à
New York. Ils sont une cinquantaine, quasiment tous américains,
un verre de vin à la main, et la musique dun disque
curieusement décalé de Stéphanie de Monaco
dans les oreilles.
Afrique
: Léducation de base en pleine crise
En
Afrique, le plus grand réservoir de francophones du monde,
la francophonie ne se porte pas bien. Le français, héritage
de la colonisation et de lhistoire, y est de moins en moins
parlé par les jeunes. La cause principale nest pas
difficile à découvrir : lenseignement de base
sétiole. Le français, là-bas, sapprend
la plupart du temps à lécole primaire.
Liban
: Langlais en terrain conquis
En
plein cur dAchrafieh, le quartier chrétien
de Beyrouth, bastion de la francophonie, langlais ne cesse
de marquer des points. LABC, le premier grand centre commercial
de la capitale, a choisi la langue de Shakes-peare pour tous ses
panneaux de signalisation. « La société qui
les a créés est anglo-saxonne. De plus, nous visons
une large clientèle incluant les touristes en provenance
du Golfe », explique le directeur des lieux. Au Liban, le
français nest plus vendeur.
Afghanistan
: Va-t-on
perdre Kaboul ?
Le lycée Istiqlal, dont les bâtiments
dun modernisme vieillot, inaugurés au printemps 1968
par Georges Pompidou, se dressent à lombre des pins,
dans le centre de Kaboul, est le vestige dun Afghanistan
disparu. Tentant aujourdhui péniblement de renaître,
après avoir été la victime successive des
communistes, de la guerre civile entre les moudjahidins, puis
des Savonarole du régime des talibans, le lycée
français de Kaboul est le symbole dune étrange
rencontre culturelle entre la France triomphante des années
20, et un royaume reculé dAsie centrale.
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Francophonie
de tous les pays
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La
liberté suit les mots
Depuis
laccord de Brioni (juillet 1991), nos observateurs militaires
dans les Balkans devaient communiquer entre eux en anglais, ainsi
en avaient décidé à lépoque
les ministres des Affaires étrangères, dont le nôtre.
Les procédures dapproche des aéroports sont
en anglais et en anglais seul. Les médecins qui font une
communication scientifique, même à un congrès
se déroulant en France, doivent la faire en anglais pour
pouvoir être publiés dans la presse spécialisée.
Pivot,
notre saint-bernard
Diantre
! Péronnelle, brim-borion, fesse-mathieu, matutinal, saperlipopette,
etc. Dans son dernier opuscule, Bernard Pivot a recensé
100 mots qui sont à sauver, il les énumère
comme on égrène une grappe de raisins dorés,
juteux. Ce nest pas un monument aux morts. Pas question
de pleurer des vestiges. Ni chagrin ni grincheux, Pivot lutte
pour lenrichissement de la langue et non contre son dépérissement.
Alliance
française :une subvention de lÉtat dérisoire
Paradoxe
: alors que lAlliance française est en expansion
un peu partout dans le reste du monde récemment,
Erevan et Bethléem ont ouvert leurs portes , cest
lEurope qui lui pose problème. « Nous sommes
de plus en plus sollicités pour des ouvertures dAlliances
françaises, explique Jean-Claude Jacq, secrétaire
général. Le Mexique, lInde (où lAlliance
française de Pondichéry fut la deuxième à
se créer, en 1889, six ans après celle de Paris),
le Brésil sont nos vaisseaux amiraux.
Denys
Arcand : « Je suis le VRP du français »
A
peine a-t-il commencé à répondre à
une question que lon est sous le charme. Le réalisateur
du Déclin de lempire américain possède
cet inimitable accent qui le rend si séduisant à
toute oreille française. Oui, Denys Arcand est un Québécois
jusquau bout des dentales. Francophone, également,
bien sûr. Par nature, mais aussi par convic-tion. Il y a
quelques semaines, il obtenait à Paris trois césars
pour son magnifique film Les Invasions barbares (1), et sétonnait
que la France puisse faire de lui son champion pour un an.
Alain
Decaux : « Il nest pas trop tard pour agir »
Pendant
trois ans (1988-1991), Alain Decaux a été ministre
délégué à la Francophonie. Il évoque
sa mission, ses combats et ses craintes.
Des
origines du français
Si
François Ier navait pas chassé, en 1539, dans
la forêt de Villers-Cotterêts, nous écririons
peut-être encore en latin. La langue des Romains était
revenue en force parmi les clercs, qui donnaient des racines latines
à tout va, y compris aux mots dorigine arabe. Bref,
le roi de France, tout en laissant courir sa meute sur la voie
dun dix-cors, royal évidemment, songea que «
les arrêts devaient être clairs et entendibles ».
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