|
Jean
Gazarian, directeur du secrétariat de l’Assemblée générale des Nations
unies pendant 25 ans, fut l’un des plus ardents défenseurs de la
francophonie à l’ONU. « Une seule langue ne suffirait pas à exprimer les
richesses de cultures très variées », confait-il déjà en 1999 à
France-Amérique.
Ancien vice-président de l’Association culturelle francophone et
fondateur de la bibliothèque de langue française de l’ONU qui comprend
5.000 volumes, Jean Gazarian nous parle de sujets qui lui tiennent à
cœur: le multilinguisme, et la francophonie au sein des instances de
l’ONU.
Qu'est-ce que le terme « francophonie » désigne à vos yeux?
La Francophonie est ce mouvement linguistique qui a connu son grand
essor dans les années 60 avec la venue des pays Africains au sein des
Nations Unies après leur independance.
De ce regroupement est
née une « sagesse de se grouper » pour créer un élément de défense de
droits communs que l'on peut nommer la francophonie. Mais la
francophonie marque aussi une évolution politique qui a mis en place une
solidarité politique entre les pays du Sud.
La force de la
francophonie repose sur son désir de respecter le caractère
multilinguistique des relations internationales en s'efforcant de
préserver la parité des deux langues de travail dans l'enceinte des
Nations unies. Cependant, il faut s'assurer qu'en se penchant sur le
bilinguisme de cette institution, l'on exclue pas d'autres composantes
linguistiques de forte importance aussi....
Quels obstacles majeurs la francophonie rencontre-t-elle ?
Le premier obstacle est numérique : les états anglophones sont largement
plus nombreux que les états francophones.
Ainsi les documents
originaux de l'Assemblée des Nations unies sont redigés en anglais et le
travail de traduction est lent et alterre la pensée anglophone de
l'origine. Par ailleurs, le militantisme francophone n'a pas assez la
motivation et la force du militantisme des Canadiens francophones...
Certains délégués
francophones vont même jusqu'à délaisser le français en faveur de
l'anglais! C'est une grande erreur d'abandonner sa langue dans les
relations internationales...
Quel avenir de la francophonie à l’ONU anticipez-vous ?
Je ne suis pas prophète mais j'imagine que la francophonie va se
maintenir a son niveau actuel qui est un niveau ni satisfaisant ni
déshonorant La parité avec l'anglais ne sera jamais atteinte, cela est
mathématiquement impossible.
Cependant des efforts
restent a fournir afin que le mouvement de soutien à la francophonie
s'accélère : les délégués doivent avoir le feu sacré suffisant pour
maintenir le flambeau de la francophonie.
J.C.
|