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DOSSIER - LE 60e ANNIVERSAIRE DU DEBARQUEMENT


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 La France se souvient

 
COMMÉMORATION Un millier de manifestations pour le soixantième anniversaire du Débarquement
La Normandie à l’heure du souvenir

Le réaménagement de la pointe du Hoc.
À mi-distance entre les plages d’Omaha et d’Utah, ce véritable sanctuaire, parmi les plus visités, était jusqu’ici desservi par un simple chemin de terre. Désormais, on y accède par une route flambant neuve. Un parking, des commodités et un sentier pédestre ont également été réalisés. Abrupte et soumise à de violentes rafales de vent, cette falaise fut prise d’assaut au grappin le 6 juin par les « rangers » du colonel Rudder. Après deux jours de combats acharnés, ils découvrirent que la batterie d’artillerie allemande tant redoutée avait été déplacée. Aux alentours, les stigmates de l’affrontement demeurent. Le regard parcourt un paysage lunaire, semé à perte de vue d’impressionnants cratères d’obus et de casemates en ruine. Les dépouilles de soldats américains et allemands reposent encore sous les herbes folles.

Un centre dédié aux soldats canadiens.
Inauguré le 7 juin dernier à Courseulles-sur-Mer, le centre Juno Beach (1) s’est établi sur le lieu même du débarquement canadien du 6 juin 1944. Conçu comme un espace de mémoire et de découverte, il présente à travers une scénographie moderne et interactive le rôle du Canada lors de la Seconde Guerre mondiale mais aussi le visage actuel de ce vaste pays. Témoignages audiovisuels et sonores, textes, photos et objets se partagent l’espace avec un parcours animé par des jeux, des quiz ou encore des manipulations conçues pour les plus jeunes visiteurs qui apprécient tout particulièrement ce musée. A partir du 14 juin, des visites en compagnie de guides canadiens emmèneront les visiteurs à la découverte des alentours du Centre, sur un circuit piétonnier aménagé le long de la plage Juno.

(1) Tél. : (0)2.31.37.32.17 et www.junobeach.org

L’hommage à la 6e division aéroportée britannique.
Premiers libérateurs de la France, ces soldats ont leur musée (1) depuis le 4 juin 2000. À cheval sur Ranville et Bénouville, tout proche du café Gondrée première maison libérée de France et lieu de pèlerinage pour de nombreux vétérans le Mémorial Pegasus évoque leurs missions à travers des centaines d’objets, tous authentiques. L’endroit abrite également en extérieur le célèbre pont, libéré en quelques minutes la nuit du débarquement. A compter du 5 juin, le site présentera la reconstitution grandeur nature d’un planeur Horsa (voir ci-contre).

(1) Tél. : (0)2.31.78.19.44 et www.normandy1944.com

Le musée du Débarquement d’Arromanches.
Inauguré le 5 juin 1954 par René Coty, alors président de la République, le musée d’Arroman-ches (1) fait peau neuve à l’occasion de ses cinquante ans d’existence. Construit idéalement face aux vestiges du port artificiel, l’endroit, en janvier dernier, a revu de fond en comble sa muséographie, désormais moins vieillotte et plus pédagogique. Devant les grandes baies vitrées donnant sur la mer, des maquettes articulées du port artificiel Mulberry B sont commentées par un conférencier. Il a fallu près de deux cents remorqueurs pour tirer depuis la côte anglaise ce port en pièces détachées composé de cent quinze caissons de béton longs chacun de 70 m et pesant pour les plus lourds 7.000 tonnes, le poids de la tour Eiffel... Outre les nombreuses vitrines consacrées au Débarque-ment, un remarquable film d’archives retrace l’histoire de cet incroyable défi technique.

(1) Tél. : (0)2.31.22.34.31 et www.normandy1944.com

À ne pas manquer

Les cimetières militaires.
Celui de Colleville-sur-Mer qui domine la plage d’Omaha est, sur près de 70 hectares, le sanctuaire de 9 387 soldats américains, reposant sous autant de croix en marbre blanc. Celui de La Cambe, plus impressionnant encore avec ses croix sombres en pierre volcanique, regroupe 21 300 Allemands. Plus petites, les quelque quinze nécropoles britanniques, comme celles de Ranville, n’en sont pas moins émouvantes car elles se situent sur les lieux mêmes des combats, un soldat anglais étant toujours enterré là où il tombe.

Les plages du Débarquement.
Celle d’Omaha, qu’on peut longer en voiture, offre aujourd’hui un visage apaisé. À l’aube du jour J pourtant, la mer démontée engloutit nombre d’engins blindés. Des centaines de soldats américains périrent noyés quand ils n’étaient pas tués sous les feux ennemis. On ne peut s’empêcher d’avoir le cœur serré en pensant aux 3.000 blessés et autant de tués sur cette vaste étendue de sable tristement rebaptisée « Omaha-la-sanglante ». À l’extrémité de la plage, lorsque la route remonte en direction de la pointe du Hoc, on peut encore apercevoir sur la gauche des bunkers allemands troglodytes. A Sainte-Marie-du-Mont, c’est sur Utah Beach qu’on peut découvrir la célèbre borne kilométrique 00, point de départ de la voie de la Liberté qui conduit jusqu’à Bastogne, en Belgique. Tout près, le Musée du Débarquement (1) présente notam-ment de nombreux engins militaires.

(1) Tél. : (0)2.33.71.53.35 et www.utah-beach.org

La formule SNCF « Jour J » du Mémorial de Caen.
Ceux qui rechignent à prendre le volant et préfèrent éviter les groupes peuvent profiter de l’offre mise en place par le Mémorial de Caen pour revivre le Jour J (1). Un guide accueille les candidats à la découverte devant la gare SNCF avant de faire une visite commentée de l’espace Seconde Guerre mondiale du Mémorial. Après un déjeuner dans le musée, départ en monospace et en compagnie du même guide à la découverte des plages du Débarquement des troupes américaines et anglo-canadiennes, durant 4 à 5 heures avant d’être ramené à la gare SNCF de Caen. Prix : 89,50 euros.

(1) Tél. : (0) 825.06.06.44 et www.memorial-caen.fr

Sainte-Mère-Église.
Au faîte de l’église (photo page ci-contre), un mannequin évoque l’histoire du parachutiste américain John Steele, qui atterrit sur le clocher (1) et devint célèbre lorsque l’épisode fut reconstitué dans le film Le jour le plus long. « Dans la scène, le clocher avait été reconstitué sur le terrain de foot. Le gars était accroché à une grue, il ne risquait rien », précise Raymond Paris, un habitant aujourd’hui âgé de 80 ans.
Incollable sur le Musée Airborne (2) tout proche, dédié aux troupes aéroportées américaines et où sont entreposés un véritable planeur Waco et un avion Douglas type C 47, l’homme au regard aussi vif que bleu se transformera en guide précieux pour ceux qui auront la chance de le croiser.

(1) Office de tourisme,
tél. : (0)2.33.21.00.33.
(2) Tél. : (0)2.33.41.41.35 et
www. airborne-museum.org

Le musée de la Liberté à Quinéville.
À 15 mn de Sainte-Mère-Église, un petit musée (1) qui ne parle ni du Débarquement ni de stratégie militaire et a pour particularité de n’exposer aucune arme. On apprécie son atmosphère intime qui plonge le visiteur, grâce notamment à la reconstitution d’une rue de village, au cœur de la vie quotidienne des Français sous l’Occupation. Cartes de rationnement, affiches et journaux de propagande, objets de tous les jours ponctuent le parcours.

(1) Tél. : 02.33.21.40.44.

Le Musée de la bataille de Normandie à Bayeux.
Dans la première ville de France à être libérée, des scènes de guerre reconstituées sous forme de diaporama, plus de cent dix mannequins habillés de véritables uniformes, des photos, des archives de presse, des chars, des canons, des chenillettes blindées retraçant la bataille de Normandie, du 7 juin au 22 août 44. Au total, un espace de 2.300 m2 conseillé avant tout aux amateurs de collections d’objets du combattant.

Le Mémorial de Montormel.
« Il était possible pendant des centaines de mètres de ne marcher que sur des restes humains en décomposition, dans un silence pesant, dans une campagne luxuriante où toute vie avait brutalement cessé... », confia Eisenhower. C’est ici, entre Chambois et Vimoutiers (Orne), à l’emplacement même du mémorial (1), que se joua l’ultime et meurtrière bataille de Normandie, du 18 au 22 août 44. Ce que Montgomery appela « le commen-cement de la fin de la guerre ». Les visites guidées dirigées par le responsable des lieux, Stéphane Jonot, sont palpitantes et donnent la chair de poule. Depuis une large baie vitrée surplombant l’ancien champ de bataille, il réussit à rendre presque palpable l’atmosphère terrifiante de la « poche de Falaise » où s’illustrèrent les soldats polonais du Général Maczek et où l’armée allemande encerclée perdit plus de 10.000 hommes.

(1) Tél. : (0)2.33.67.38.61).

Et aussi...

- Le Musée des épaves sous-marines du Débarquement à Port-en-Bessin, fruit de vingt-cinq années d’exploration des fonds par un passionné, Jacques Lemonchois, et son équipe.
Tél. : 02.31.21.17.06.

- Arromanches 360, une projection sur neuf écrans dans une salle circulaire d’un film dédié au Jour J mêlant images d’hier et d’aujourd’hui.
Tél. : (0)2.31.22.30.30 et www.arromanches360.com


 



 



 

 

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