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«
La douleur ma brisée ; la fraternité ma
relevée ; de ma blessure a jailli un fleuve de liberté
». Ce sont les mots gravés sur la façade du
Mémorial de Caen (1), vaste et superbe espace dédié
à la Seconde Guerre mondiale. On y entre par une étroite
faille, symbole de la percée à travers le Mur de
lAtlantique.
Dans
le grand hall, où la réplique dun avion Typhoon
a suspendu son vol, la foule est au rendez-vous, internationale,
recueillie, émue ou débordante de jeunesse, unanimement
décidée à ne pas perdre la mémoire.
Chacun pénètre ici comme dans un livre dhistoire
dont on suivrait le déroulé, page après page.
On
progresse dans une sombre spirale où sont expliquées
les raisons de la faillite de la Paix. Suit une plongée
dans la France des années noires : la drôle de guerre,
loccupation, la collaboration, la résistance et surtout
une salle à latmosphère quasi insoutenable
sur la déportation et le génocide, hantée
par des visages émaciés.
Plus
loin, tenues militaires et civiles, maquettes, matériels
de guerre continuent de raconter le conflit. Jusquau 31
décembre, lexposition
« Paroles de jour J » permettra aussi de découvrir
le quotidien des soldats des deux camps durant le Débarquement,
à travers des lettres, des photos et des journaux intimes.
Au
total, 24 heures de films. On peut compléter la visite
par la galerie des villes détruites, le parc du Mémorial
où sera inauguré (5 juin) un jardin britannique,
lespace consacré à la Guerre froide et enfin
celui, très actuel, dédié aux Mondes pour
la Paix. Car le Mémorial, précisent ses responsables,
« est un musée de la Paix et non pas de la Guerre
».
Par
Caroline SALLE
(1)
Tél. : (0)2.31.06.06.44 et www.memorial-caen.fr
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