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INFOS - DOSSIER |
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L'actualite
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Jacques Chirac réaffirme la
force de la solidarité franco-américaine |
D’une solidarité
de cœur sans faille à la coopération militaire |
« concevable »
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Il y a eu le temps de l’émotion, celui de l’hymne national américain joué solennellement dans la cour de l’Elysée, et de la solidarité sans faille avec l’allié d’outre-Atlantique. « Oui, la France sera à côté des Etats-Unis quand il s’agira de sanctionner cette folie meurtrière », déclarait alors Jacques Chirac. Pour bien marquer sa détermination, il ajoutait : « La France sera totalement solidaire » des Américains. Des propos forts, sans ambiguïté, tenus sur CNN le 13 septembre, soit deux jours après les attentats terroristes qui ont frappé New York et Washington. A en juger par les sondages effectués après la tragédie, la première réaction du chef de l’Etat était bien celle que les Français attendaient en cet instant de deuil et de compassion. L’engagement pris le 13 septembre par le président de la République avait, en revanche, fait tiquer une partie de la majorité.
A commencer par son chef, Lionel Jospin.
Agacé que le président se soit avancé sans concertation avec le
gouvernement, le Premier ministre faisait entendre dès le lendemain sa
différence, affirmant notamment que « notre solidarité humaine,
politique et fonctionnelle » avec les Américains « ne nous prive pas de
notre libre appréciation et de notre souveraineté ». Car, à Matignon, on aime rappeler que si le président est le chef des armées, la Constitution précise aussi que le premier ministre est « responsable de la défense nationale ». Déjà, pendant l’intervention occidentale au Kosovo en 1999, Lionel Jospin n’avait pas manqué de faire régulièrement valoir cette prérogative constitutionnelle. Les propos présidentiels ont marqué les esprits à gauche puisque, la semaine dernière encore, le socialiste Henri Emmanuelli déclarait avoir ressenti « quelques frissons » en entendant le chef de l’Etat « s’engager quasiment les yeux fermés derrière les Etats-Unis ». Washington, lundi 18 septembre : changement de registre. Après sa rencontre avec George Bush, Jacques Chirac précise la position de la France. « La coopération militaire naturellement peut se concevoir, mais dans la mesure où nous nous serions préalablement concertés sur les objectifs et les modalités d’une action », déclare-t-il après avoir discuté pendant deux heures avec son homologue américain des « intentions » et « réflexions » de la Maison-Blanche sur les opérations de représailles en préparation. Des propos qui paraissent nettement plus mesurés que ceux du 13 septembre, d’autant que Jacques Chirac a semblé hésiter à employer le mot « guerre » devant la presse alors que George Bush y fait constamment référence. Le président français s’en est expliqué en déclarant qu’il ne voulait pas s’engager dans une « querelle sémantique ». « Il s’agit d’un conflit, d’une guerre, appelez cela comme vous voulez, a-t-il dit, mais c’est une action nouvelle, qui implique des moyens nouveaux, pour lutter contre un mal nouveau, que nous devrons bien terrasser. » Une évolution somme toute semblable à celle des autres chefs d’Etats et de gouvernements étrangers qui, eux aussi, ont ajusté leur vocabulaire au fil des jours. Quoi qu’il en soit, Matignon apprécie le nouveau ton présidentiel. « C’est la ligne arrêtée lors du conseil restreint qui a eu lieu avant le départ du président : solidarité et souveraineté », souligne-t-on dans l’entourage de Lionel Jospin.
Manière de laisser entendre que le président
se serait rangé à la position du gouvernement. Dans la guerre des nerfs
que se livrent l’Elysée et Matignon, toutes les formes de riposte sont
admises...
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