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INFOS - DOSSIER |
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L'actualite
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L’enquête sur les attentats
du 11 septembre |
Le
FBI a-t-il négligé les renseignements français ? |
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Zacarias Moussaoui, un Franco-Marocain de 33 ans arrêté à la mi-août aux Etats-Unis, aurait-il pu mettre le FBI sur la piste des terroristes du 11 septembre ? Les services secrets américains pourraient bien avoir négligé de précieux renseignements fournis par leurs collègues français. Moussaoui était-il le cinquième pirate de l'air prévu à bord du Boeing d'United Airlines qui s'est écrasé dans un champ, en Pennsylvanie, le seul des quatre avions détournés le 11 septembre à n'avoir que quatre terroristes à bord au lieu de cinq ? C'est ce que les enquêteurs soupçonnent désormais, affirme Newsweek dans son édition parue le 1er octobre. «Il est pour sûr l'un d'entre eux», a déclaré à l'hebdomadaire l'un des hauts responsables de l'enquête. Interrogé par l'AFP, le FBI s'est refusé à tout commentaire. En tout cas, si Moussaoui manque à l'appel ce 11 septembre, c'est pour une raison simple: il croupit depuis trois semaines dans une geôle du Minnesota. Le jeune homme arrive le 26 février aux Etats-Unis et s'inscrit aussitôt à l'Airman Flight School, une école d'aviation de Norman (Oklahoma). Trapu, 1,72 m pour 90 kg, crâne rasé et portant le bouc, Moussaoui se révèle un piètre pilote, que les instructeurs refusent de laisser voler en solo. Finalement, il part pour le Minnesota et se présente dans une autre école d'aviation, la Pan Am International Flight School, à Eagan. Selon le Washington Post, il dit vouloir apprendre à piloter un Boeing 747 dans un simulateur et précise qu'il n'est intéressé que par les virages, pas les décollages ni les atterrissages. Il offre de payer en liquide les 8.000 dollars de la formation. Intrigués par ce comportement bizarre, les responsables de l'école le signalent le 13 août aux autorités. Quatre jours plus tard, il est interpellé par le FBI. Son visa ayant expiré, Moussaoui est en situation illégale. Les services de l'immigration (INS) le placent en détention dans l'attente de son expulsion. Le FBI l'interroge mais il refuse de coopérer. «Il y avait certainement suffisamment d'informations pour que nous souhaitions lui parler, ce que nous avons essayé de faire mais en vain», explique au Washington Post un haut responsable américain, sous couvert de l'anonymat. Moussaoui ayant un passeport français, la CIA sollicite alors l'entraide des services de renseignement de Paris. Aux alentours du 1er septembre, affirme le Washington Post, soit une dizaine de jours avant les attentats, le contre-espionnage français (DST) informe les Américains de l'appartenance présumée de Moussaoui au réseau terroriste d'Oussama ben Laden, le milliardaire d'origine saoudienne réfugié en Afghanistan. Ils précisent qu'il s'est rendu deux mois au Pakistan, passage obligé vers les camps d'entraînement terroriste en Afghanistan. C'est apparemment à Londres où il séjourne dans les années 1990 que le jeune homme, né le 30 mai 1968 à Saint-Jean-de-Luz (sud-ouest de la France), aurait commencé à fréquenter les milieux islamistes. «Un vrai lavage de cerveau», dira plus tard sa mère, Aïcha, à l'hebdomadaire français L'Express. Le Washington Post affirme que les services secrets américains n'ont pas su exploiter ces précieux renseignements, le FBI estimant qu'il ne disposait pas d'assez d'éléments pour inculper Moussaoui. Résultat: aucune perquisition n'est effectuée à son domicile. Ce n'est qu'au lendemain des attentats du 11 septembre que le FBI recolle les pièces du puzzle et réalise sa méprise. Moussaoui est alors aussitôt transféré à New York et placé sous mandat d'arrêt fédéral. Il y est aujourd'hui détenu comme «témoin matériel». Autrement dit, il est soupçonné d'avoir directement connu les auteurs des attentats ou d'avoir été au courant des préparatifs.
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