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Le courrier français des Etats-Unis

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Les Etats-Unis en guerre

Les archives de France-Amérique
Semaine du 6 au 12 octobre

 

Lutte contre le terrorisme : participation à une risposte armée ?
Les militaires français dans l’expectative

Les Etats-Unis n’ont pas demandé l’aide militaire de la France. Mais rien n’est à exclure et bien des choses ont changé dans l’armée française depuis la guerre du Golfe.

Lancé en février 1996 par Jacques Chirac, le processus de professionnalisation des armées s’achève : les derniers appelés termineront leur temps sous les drapeaux dans quelques mois.

Pour la première fois, donc, l’armée professionnelle pourrait être amenée à faire ses preuves dans le cadre d’une crise majeure. Elle devra alors démontrer la justesse d’une réforme constituant notamment une réponse aux manquements constatés lors de la guerre du Golfe.

Mobilisées il y a dix ans dans le cadre des opérations « Bouclier du désert » et « Tempête du désert », les armées françaises, qui se trouvaient encore sous le régime de la conscription, avaient dû se résoudre à prélever des professionnels dans certaines unités et à les affecter à d’autres, afin de constituer un corps d’intervention exempt de tout appelé.

Cette opération avait permis, en raclant les fonds de tiroir, de constituer la division Daguet, forte de 12.000 hommes, alors que les Britanniques, professionnalisés depuis longtemps, disposaient sur zone de plus de 30 000 soldats.

Aujourd’hui, les moyens sont tout autres. Sans tenir compte de la gendarmerie et en soustrayant les civils exerçant dans les différentes armées et les ultimes appelés (10.000 dans l’armée de terre), les forces françaises comptent plus de 238.000 professionnels.

C’est sur cette base que l’état-major des armées a mis au point le modèle d’armées 2015, déterminant un concept d’emploi des forces qui fixe les effectifs disponibles pour les opérations extérieures (conflits type Golfe, intervention de maintien de la paix...).

Selon ce document, l’armée de terre française doit être capable de déployer à distance 50.000 hommes pour un engagement majeur dans le cadre de l’Alliance atlantique.

La marine doit être en mesure d’envoyer un porte-avions (voir encadré) et son escorte à plusieurs milliers de kilomètres, tandis qu’une centaine d’avions de combat de l’armée de l’air et leurs ravitailleurs en vol doivent pouvoir rapidement rejoindre la zone de conflit.

Sur le papier, donc, tout est prévu. Cependant, les armées françaises sont déjà engagées dans un grand nombre d’opérations. Et leur dispositif n’est pas étirable indéfiniment.

A l’heure actuelle, plus de 36.000 hommes sont basés hors métropole. Dans ce chiffre on retrouve les « forces de souveraineté » 17 000 hommes stationnés dans les DOM-TOM et les « forces de présence » 5 000 hommes disséminés pour l’essentiel sur le continent africain dans le cadre d’accords de défense.

Autant d’éléments susceptibles, dans une certaine mesure, de détacher des contingents pour une opération. Mais au-delà de cette présence traditionnelle outre-mer, la France est également impliquée dans un certain nombre d’opérations extérieures dont elle ne peut se retirer.

Au total, près de 11.000 hommes, en mission en Bosnie, au Kosovo, en Macédoine, mais aussi en Asie et en Afrique.

De plus, hormis les patrouilles qu’elles assurent dans le cadre de l’opération Vigipirate, les armées se sont vu attribuer la garde de 79 des 81 sites de stockage de l’euro. Soit près de 5 000 hommes encore mobilisés sur les deux opérations.

Chargé de la communication de l’état-major des armées, le colonel Baptiste se veut pourtant rassurant. Citant son ministre de tutelle, il assure que « les forces françaises ne sont pas encore à un niveau plafond de leurs capacités ».

En revanche, il est beaucoup plus perplexe sur la mission que les armées risquent de se voir assigner. « Nous devons être prêts à répondre assez rapidement aux missions qui nous seront confiées par les autorités politiques.

Mais jusqu’à présent ces dernières ne nous ont donné aucun mandat, on est dans l’expectative. Le président de la République est actuellement aux Etats-Unis, peut-être en saurons-nous un peu plus à son retour », estime-t-il.

Cette retenue n’empêche pas pour autant les armées de se préparer. Mais, là encore, l’incertitude règne :

« Pour l’instant tout est envisageable. Aussi les états-majors sont-ils en train de faire une revue des capacités dont nous disposons et de passer en revue toutes les hypothèses possibles », poursuit le colonel Baptiste avant de préciser : « Cela peut être la mise à disposition de facilités portuaires ou aéroportuaires, une autorisation de survol du territoire national, l’apport d’un soutien logistique, ou une participation à une partie ou à la totalité d’une intervention. »

Cette dernière possibilité ne semble pas cependant extrêmement stimuler le colonel : après tout, précise-t-il,  « l’article V de l’Otan stipule que la solidarité peut être simplement économique ».

Le « Charles-de-Gaulle » indisponible jusqu’en février

En cale sèche à Toulon depuis le 12 juillet dernier en raison de son avarie d’hélices, le porte-avions nucléaire Charles-de-Gaulle est en cours de révision et ne devrait pas effectuer son retour à la mer avant la mi-novembre.

Même si les hélices du Clémenceau ont été installées sur le bâtiment, sa remise à flot ne sera pas synonyme de disponibilité immédiate en cas de conflit. Victime comme la plupart des grands navires de maladies de jeunesse, le Charles-de-Gaulle devra d’abord faire l’objet de nouveaux tests.

Ces derniers débuteront en janvier pour plusieurs semaines, notamment dans le cadre de l’exercice « Agapanthe ».

La Marine se veut optimiste, en dépit d’une nouvelle anomalie du navire, dont l’un des deux réacteurs nucléaires affiche un taux de radioactivité supérieur aux normes de fonctionnement prévues.

Cette « légère élévation de la radioactivité du circuit primaire de la chaufferie avant ne présente aucun danger pour l’équipage et pour la population », assure le capitaine de vaisseau Christophe Prazuck.

Quoi qu’il en soit, la Marine se trouve au moins jusqu’à fin janvier dans l’absolue impossibilité d’envoyer un porte-avions fonctionnant à plein potentiel sur une zone de conflit.

Une situation à laquelle elle devra s’habituer : alors que la France a toujours pu compter, depuis les années 60, sur un groupe aéronaval mobilisable rapidement, la Royale peut faire son deuil d’un deuxième porte-avions assurant une capacité d’action permanente.

Selon les termes de la future loi de programmation militaire 2003-2008, on ne débattra en effet de son utilité qu’après 2008...

Philippe MIGAULT

 

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