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INFOS - DOSSIER |
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L'actualite
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Questions après les frappes
en Afghanistan |
Le Pentagone
avance de manière empirique |
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Les
officiels américains le répètent à l’envie. Ces frappes aériennes ne
sont que le début conventionnel d’un long conflit qui sera totalement
non conventionnel. Il n’empêche. La machine militaire est lancée et la
première phase des opérations ressemble à des épisodes déjà connus.
Questions sur la première offensive d’Asie centrale.
Des missiles sol-air afghans ont par contre été tirés contre l’aviation alliée. C’est ici que réside la menace. Les taliban posséderaient quelques systèmes antiaériens SA 2 et SA 3, qui mettent en œuvre des missiles guidés par radar. Mais ils ont surtout en leur possession des lance-missiles portables, entre 200 et 300 selon les estimations. Des SAM 7 d’origine soviétique bien sûr, mais aussi des Stinger américains. Ceux-ci ont été fournis en masse— quelque 600 unités — par la CIA à la résistance afghane du temps de l’occupation soviétique. Ils pourraient poser de
sérieux problèmes aux chasseurs ou hélicoptères alliés. En affirmant que si elle
était chassée de Kaboul, elle se lancerait dans une guerre de guérilla
contre le nouveau pouvoir afghan et ses soutiens étrangers. En ont-ils
vraiment les moyens ? Des estimations certainement généreuses. Ces troupes ne sont pas toutes formées de moudjahidin aguerris. Les anciens de la guerre d’Afghanistan n’en sont qu’une composante. Ils sont encore « organisés selon les structures tribales » explique un expert. A leur côté, d’anciens militaires de l’armée afghane très présents dans l’encadrement. Le reste de la troupe est formé de jeunes miliciens taliban sortis des madrasas les écoles coraniques pakistanaises à la formation militaire beaucoup plus succincte. Autre faiblesse des taliban : leur base tribale, qui ne les place en terrain ami que dans le Sud pachtoune. Dans le nord du pays, ils ont toujours été perçus comme une armée d’occupation. De plus, les taliban ne se sont jamais battus vraiment seuls. Les Pakistanais fournissaient un gros contingent de conseillers militaires. Leur lâchage serait catastrophique pour le pouvoir de Kaboul. Les « supplétifs arabes », par contre, seraient entre 8 000 et 12 000, venus du Maghreb, du Proche et du Moyen-Orient, voire d’Afrique. Parmi eux, les hommes de Ben Laden. La fameuse «Brigade 055» alignerait entre 3 000 et 5 000 hommes. La menace de l’opposition
afghane armée pose un sérieux dilemme aux taliban. S’ils se retirent et
se cachent pour échapper aux frappes aériennes, ils leur laissent le
champ libre. S’ils tiennent le front, ils s’exposent aux coups venus du
ciel... Simple militairement, cette combinaison de la force aérienne américaine et d’une infanterie fournie par l’opposition afghane est des plus compliquées politiquement. L’Alliance du Nord du défunt commandant Massoud est dominée par des Tadjiks, minoritaires en Afghanistan et en conflit ouvert avec le Pakistan. Le président Pervez Musharraf a déclaré qu’un futur gouvernement de l’Afghanistan devrait être « amical » avec son pays. Et clairement indiqué qu’il ne voulait pas que l’Alliance du Nord domine un futur gouvernement à Kaboul. Selon lui, une telle
configuration relancerait la guerre civile. Pour remplacer les pachtouns
taliban, il veut imposer d’autres pachtouns. Un paramètre de plus à
intégrer pour Washington dans la complexe équation afghane. L’option terrestre a été évoquée à la fois par Londres et par Washington. Le ministre britannique de la Défense a affirmé « préparer une série d’options militaires et le recours à des troupes au sol en fait partie ». La veille, le Pentagone avait justifié sa recherche de la maîtrise du ciel pour la suite des actions menées depuis le ciel mais aussi « au sol ». C’est là que les fameuses forces spéciales, déposées le plus souvent par hélicoptère, devraient entrer en action. « Il semble que cette fois-ci, les Américains ont envie de procéder par étapes, avec une succession de phases d’action et d’observation, explique un militaire français, on frappe trois ou quatre jours et on regarde ce qui se passe, etc. » Cette absence de planification trop formelle semblait hier confirmée par un officiel américain. Sous couvert de l’anonymat, il confiait que la nature des phases ultérieures dépendrait surtout des réactions des différents acteurs du conflit... Face à un nouvel ennemi,
le Pentagone semble pour une fois avancer de manière empirique.
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