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Le courrier français des Etats-Unis

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Les Etats-Unis en guerre

Les archives de France-Amérique
Semaine du 20 au 26 octobre

 

Afin de participer à la coalition militaire contre le terrorisme...
L’armée française manque
de moyens

 

Le futur projet de loi de programmation militaire 2003-2008 prévoit que la nécessité de se doter d’un deuxième porte-avions ne sera examinée qu’après 2008.

Il est de bon ton, à chaque crise internationale, de stigmatiser des armées françaises «une fois encore en retard d’une guerre». Ces dernières, pourtant, ne sont que très partiellement responsables des incapacités dont elles ont à souffrir.

Certes, les gouvernements n’ont cessé d’affirmer depuis dix ans qu’ils tiraient la leçon de chaque conflit. Mais leur volonté affichée de modernisation des outils a rarement été suivie d’une politique adaptée.

En conséquence, ce n’est pas uniquement parce que le Parlement n’a pas été consulté que les forces navales françaises, actuellement représentées dans l’océan Indien par une frégate et un pétrolier-ravitailleur, n’ont pas pris part aux premières frappes. Mais surtout faute de moyens.

Si depuis la fin de la guerre du Golfe a été constatée la nécessité de doter les armées de missiles de croisière, la marine n’en a pas en effet un seul en soute.

Car, alors que le Royaume-Uni a acheté des missiles de croisière Tomahawk aux Etats-Unis, la France a préféré jouer la carte nationale.

Et attendre, au risque de ne pas être associée aux processus de décision des frappes et de sélection des objectifs, qu’entrent en service les missiles de croisière de conception européenne. Résultat : les premiers missiles de croisière français, les Apache, n’entreront pas en service dans l’armée de l’air avant l’an prochain.

Mis en œuvre à partir d’avions de combat, les missiles de croisière peuvent aussi être tirés depuis des navires de surface ou des submersibles.

Mais, alors que les sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) britanniques tirent depuis trois jours sur l’Afghanistan, le premier SNA français qui sera doté de cette capacité, un bâtiment de la future classe Barracuda, ne devrait pas entrer en service avant... 2012.

Pour l’heure, les bâtiments de la classe Rubis, ou leur version modernisée, les Améthyste, ne mettent en œuvre que des torpilles et des missiles antinavires SM 39, d’une portée de 40 kilomètres. Et les avions de combat de la Royale ne sont guère mieux lotis.

Les Rafale du Charles-de-Gaulle ne recevront en effet leurs premiers missiles de croisière, des Scalp d’une portée de plus de 400 kilomètres, qu’à l’horizon 2005.

Mais encore faudra-t-il, pour qu’ils les mettent en œuvre, que la France dispose d’un porte-avions au bon moment.

Car le Charles-de-Gaulle, qui ne sera pas opérationnel avant début décembre, doit comme tout navire effectuer périodiquement une révision l’immobilisant pour plusieurs mois : Sur une période de dix ans, un navire de ce type n’est apte au service que sept ans.

Or, en dépit des considérations de Jacques Chirac, rappelant que « les porte-avions c’est comme les gendarmes, ça marche par deux », la France ne dispose pas d’un sister-ship, un deuxième porte-avions, pour le remplacer en cas de crise. Paris sera donc régulièrement privé d’un instrument majeur d’action diplomatique et militaire.

Cette perspective, pourtant, ne semble pas effrayer les pouvoirs publics. Ceux-ci ne tiennent aucun compte de cette lacune dans le futur projet de loi de programmation militaire 2003-2008.

Cette dernière, qui cependant n’a pas encore été votée, prévoit en effet que la nécessité de se doter d’un deuxième porte-avions ne sera examinée qu’après 2008.

Rien de surprenant puisque, soucieux d’engranger « les dividendes de la paix », les gouvernements successifs ont réduit de plus de 38 % les dépenses d’équipement des armées au cours des dix dernières années.

Mais les derniers événements rappelleront peut-être à Lionel Jospin un adage de Trotski : « La guerre ne vous intéresse peut-être pas mais la guerre, elle, s’intéresse à vous. »



 

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