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Le courrier français des Etats-Unis

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Les Etats-Unis en guerre

Les archives de France-Amérique
Semaine du 20 au 26 octobre

 

L’attribution du prix Nobel de la Paix à l’organisation internationale
Quand les Etats-Unis redécouvrent les Nations unies

Les événements du 11 septembre ont rappelé au monde l’importance de l’ONU, et en premier lieu aux Etats-Unis, qui ont pourtant failli l’asphyxier financièrement pour l’obliger à se réformer. C’est sous la bannière des Nations unies que George Bush père avait bâti la coalition contre l’Irak dans la guerre du Golfe.

Plus de dix ans après, George Bush fils s’est tourné vers l’ONU pour mobiliser la communauté internationale dans la lutte contre le terrorisme. Il lui a même assigné le rôle ambitieux de reconstruire la nation afghane.

Le président américain semble avoir oublié l’échec de son père (puis de Bill Clinton) et de l’ONU en Somalie...

Ce douloureux épisode avait pourtant mis au grand jour les limites de l’action onusienne, qui n’a pas toujours eu, dans le passé, les moyens de ses ambitions.

« L’ONU ne fait qu’appliquer les décisions des nations qui la composent », répétait l’ancien secrétaire général Boutros Boutros-Ghali.

En l’occurrence, les décisions sont prises par les quinze pays du Conseil de sécurité, au sein duquel les cinq membres permanents (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne et Russie) ont droit de veto. Mais dans l’affaire somalienne, c’est à l’ONU et à son secrétaire général que les Etats-Unis firent porter la responsabilité de leur échec.

La rancœur américaine se manifesta par le veto de Washington à un second mandat de Boutros-Ghali. Entre-temps, l’image des Nations unies dans l’opinion publique américaine avait été gravement écornée.

Le succès de la coopération internationale dans la libération du Koweït avait un instant gommé le souvenir des pires moments de la guerre froide, lorsque l’Union soviétique et ses satellites du tiers-monde se servaient de la tribune onusienne pour haranguer « l’impérialisme » américain et bloquer les résolutions proposées par les Etats-Unis ou leurs alliés.

L’image de Nikita Khrouchtchev martelant son pupitre avec sa chaussure reste ancrée dans les annales.

Mais elle n’est rien à côté de la perception, née de l’expérience somalienne, d’une organisation entraînant les Etats-Unis dans l’aventurisme.

Contrairement à ce que dit sa charte, l’ONU avait faussement pris les allures d’un gouvernement international dont les « hélicoptères noirs » avaient remplacé les soucoupes volantes dans l’imaginaire américain.

La majorité républicaine au Congrès en profita pour dénoncer la gabegie financière et bloquer le paiement des cotisations onusiennes du premier bailleur de fonds.

Il fallut un accord arraché dans les dernières semaines de l’Administration Clinton pour sauver l’ONU de la faillite.

Mais le paiement des arriérés se faisait toujours attendre quand survint la tragédie du 11 septembre. Dans la nécessité de bâtir une coalition internationale contre le terrorisme, George W. Bush a réussi à faire débloquer les fonds, comme par enchantement, par un Congrès en rupture de ses engagements.

Les Etats-Unis ne sont jamais si empressés auprès de l’ONU que quand ils en ont besoin.

Espérons que le prestige conféré par le prix Nobel de la Paix à l’organisation internationale facilitera la tâche des modérés, à Washington, face aux tenants d’un unilatéralisme dont les événements du 11 septembre ont rappelé les limites et les dangers.

Jean-Louis TURLIN

 



 

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