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Le courrier français des Etats-Unis

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Les Etats-Unis en guerre

Les archives de France-Amérique
Semaine du 27 octobre au 2 novembre 2001

 

Au sommet européen de Gand
Réaffirmation de la solidarité avec l’Amérique

Les dirigeants européens ont réaffirmé leur cohésion face aux conséquences des attentats, alors que Français, Allemands et Britanniques montaient en première ligne pour contourner les hésitations de certains de leurs partenaires.

Dans une déclaration finale adoptée dans la soirée, les Quinze ont «confirmé leur appui le plus ferme pour les opérations militaires qui ont commencé le 7 octobre (en Afghanistan) et qui sont légitimes aux termes de la Charte des Nations unies».

Ils «continueront à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour que le nombre de victimes innocentes reste le plus limité», ont-ils toutefois tenu à souligner.

En revanche, ils sont revenus en arrière par rapport à un premier projet préparé par la présidence belge de l'UE et qui jugeait «légitime» un renversement du régime taliban au pouvoir à Kaboul à l'issue des opérations militaires conduites par les Américains.

Plusieurs pays se sont élevés contre une telle formulation «en raison de ses implications diplomatiques», notamment vis-à-vis du Pakistan.

Le dernier projet retenu demande «l'élimination de l'organisation terroriste Al-Qaïda qui est à l'origine des attentats du 11 septembre et dont les dirigeants n'ont pas été livrés par le régime des taliban».

«Il faut dès à présent, sous l'égide des Nations unies, œuvrer pour favoriser l'émergence d'un gouvernement stable, légitime et représentatif de l'ensemble de la population afghane», indique encore ce texte de compromis.

Avant la rencontre à 15 lors du dernier week-end, la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne ont tenu un «pré-sommet» qui a suscité quelques grincements de dents, notamment du côté de l'Italie qui a fait figure d'exclue et de diplomates d'autres pays, toujours inquiets face à la perspective de voir se créer un «directoire des grands» qui dicterait sa loi.
 

Mais Français, Britanniques et Allemands ont tenu à calmer les craintes en faisant savoir que leur rencontre avait avant tout porté sur les «aspects militaires» de la situation en Afghanistan, un domaine qui n'est pas de la compétence de l'UE.

Selon les Français, qui ont pris l'initiative de cette rencontre, le sommet tripartite a examiné «les modalités d'une participation supplémentaire aux opérations en Afghanistan», au moment où les premières troupes terrestres américaines s’engageaient sur le territoire afghan.

Alors que les Britanniques sont déjà fortement engagés dans ces opérations, Allemands et Français semblent donc désormais sur le point d'accroître leur engagement. Tous trois ont fait preuve à Gand de plus de fermeté que beaucoup de leurs partenaires.

Le président français Jacques Chirac a ainsi affirmé devant le sommet que le «régime des taliban doit être remplacé», selon des propos rapportés par son entourage.

«Pendant notre réunion (à trois), il a été clairement déclaré que les taliban empêchent la réalisation de notre objectif», a déclaré Tony Blair, le Premier ministre britannique.

Au Pakistan où il se trouvait, le ministre allemand des Affaires étrangères Joschka Fischer a jugé qu'il était «nécessaire de renverser les taliban pour mettre un terme à la catastrophe humanitaire en Afghanistan».



 





 

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