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INFOS - DOSSIER |
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L'actualite
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Après les attentats du 11
septembre, le malaise |
des musulmans de France
« Les terroristes
ne se recrutent pas dans les mosquées » |
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Khalil Merroun, 55 ans, technicien à la Snecma, est le recteur de la
plus grande mosquée de France, celle de Courcouronnes (Essonne).
Khalil MERROUN. Les images de ces bombardements retransmises par Al Jezira et reçues sans préparation peuvent créer dans des mentalités tordues des slogans comme « Vive Ben Laden ! ». Notre rôle est d’appeler au calme. Nous y sommes aidés par le fait que la France a adopté une attitude intelligente. Mais nous ne pouvons pas maîtriser l’effet des télévisions captées par les paraboles. Ainsi, l’appel au djihad pourrait faire déraper quelques jeunes qui, notez-le, ne fréquentent pas les mosquées. Car les terroristes ne se recrutent pas dans les mosquées mais dans les cafés et dans certaines manifestations. D’autre part, les
musulmans français ont à l’esprit le sort des enfants irakiens, écrasés
sous les bombes américaines. Si ces bombardements durent, le fossé se
creusera entre l’Amérique et le reste du monde. Il contient le mot « islam », religion de paix. Mais son emploi péjoratif peut prêter à confusion. Des terroristes, il y en eut, par exemple, en Irlande. A-t-on parlé de « catholicistes » ? Ou de « protestantistes»? Non. Pour gagner la paix, il faut aussi prendre garde aux mots. La Marseillaise a été sifflée lors du match France-Algérie. Qu’en pensez-vous ? Cela a choqué la communauté musulmane. C’est une provocation des jeunes pour dire devant les caméras de télévision : « Nous existons même si vous nous prenez pour quantité négligeable. » Il ne faut pas le prendre au premier degré. Ils ont aussi sifflé leur
héros Zidane qui est français. Et ils se sont sifflés eux-mêmes : tous
sont nés en Fran-ce, et sont français. Cela montre combien ils sont en
porte-à-faux et combien il est urgent de leur apporter une réponse. C’est un cri de révolte et l’expression d’un ras-le-bol, pas un cri d’adhésion. Il ne faudrait pas cependant que la fracture s’aggrave. Il faut faire aimer la France à ces jeunes parce que la France aura besoin d’eux. Ils sont au carrefour de plusieurs cultures sans appartenir à aucune. Il faut leur en donner
une et approfondir les mécanismes de l’insertion. C’est travailler à la
paix dans les quartiers. Oui, mais pour être
français, il faut le mériter. Posséder une carte d’identité, c’est
assumer d’abord des devoirs pour, ensuite, avoir des droits. En tout
état de cause, la culture musulmane oblige à respecter la maison qui
vous accueille.
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