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Le courrier français des Etats-Unis

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Les Etats-Unis en guerre

Les archives de France-Amérique
Semaine du 3 au 9 novembre 2001

 

Des députés français en visite aux Etats-Unis
Renforcer le lien transatlantique

Au-delà de la solidarité, les députés français entendaient donner un nouveau départ aux relations transatlantiques et encourager une impulsion commune de l’Union européenne en cette période de crise. C’est le message qu’ils ont tenté de livrer lors de leurs entretiens à Washington, au Département d’Etat, au Sénat et au Pentagone, et à New York, aux Nations unies.

Une fois encore, il fut question de cette « appréhension, à gauche comme à droite », déplorée par François Loncle, que « toute relation avec les Etats-Unis pourrait avoir un caractère d’alignement ».

D’où la nécessité, après le « relâchement » et la «grande négligence» constatée depuis quelques années, de développer un lien « plus structuré, fonctionnel, entre les parlementaires français et les Etats-Unis », affirme Nicole Ameline.

Sans oublier l’un des thèmes chers aux hommes politiques français lorsqu’il s’agit des relations franco-américaines : la nécessaire multipolarité du système international, et le refus de l’unilatéralisme américain.

Pour ce faire, l’ensemble de la délégation s’est prononcée en faveur d’une plus grande concertation de la France avec ses voisins.

« C’est le moment plus que jamais de construire l’Europe de la défense, l’Europe politique », a poursuivi Nicole Ameline, également membre de la Commission Europe de l’Assemblée nationale.

Un défi particulièrement délicat alors que les Anglais, membres de l’Union européenne, sont déjà au premier plan de l’offensive militaire.

Besoin de clarifications

Les députés français attendaient aussi un certain nombre de clarifications de la part de leurs homologues américains.

Ils regrettaient d’abord un « manque de clarté » concernant l’attente des Etats-Unis vis-à-vis de la participation française à la coalition, ainsi qu’un « déficit d’information » venant de Washington. Réponse des principaux intéressés : une coopération financière, judiciaire, policière ainsi qu’en matière de renseignement est la bienvenue.

Mais pas seulement, ont répliqué les députés. La France a également une carte à jouer en misant sur ses relations privilégiées avec le monde arabo-musulman — courtisé par l’administration Bush, a estimé François Loncle, réaffirmant l’un des leitmotive des discours entendus ces derniers jours à l’Elysée comme au Quai d’Orsay.

Un Congrès « désorganisé »

En outre, à un moment où les dirigeants américains s’interrogent sur la nature et la cohérence de la coalition anti-terroriste, la délégation a pressenti que « la configuration de la coalition était en débat » à Washington.

S’ils ont été rassurés par la gestion de la crise, les députés français ont par ailleurs été frappés de voir le Congrès « désorganisé » quelques jours après le début de panique due à l’anthrax.

Leurs interlocuteurs, en particulier Richard Haas, le numéro trois du Département d’Etat, leur ont présenté un exposé clair de la situation. «Il n’y a pas eu de vengeance immédiate. Les Américains ont pris le temps de la concertation», a souligné François Loncle.

Dans les jours qui viennent, la Commission des Affaires étrangères rendra compte de ses conclusions aux parlementaires français et au Premier ministre.


Keren LENTSCHNER

 

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