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Les Etats-Unis en guerre

Les archives de France-Amérique
Semaine du 8 au 14 decembre 2001

 

Accord historique à la conférence de Bonn
L'Afghanistan sur la voie
de la paix

 

Après plus de 20 années de guerre, l'Afghanistan a fait un pas important sur la voie de la paix, avec la conclusion d'un accord historique à Bonn entre factions afghanes sur un gouvernement de transition.

Un gouvernement de 29 membres va être nommé pour six mois et une force internationale de sécurité déployée à Kaboul et ses environs.

Restait à trouver un compromis sur la composition de ce cabinet intérimaire, qui réunira un président, cinq vice-présidents et 23 ministres, selon l'Alliance du Nord.

Le représentant spécial de l'ONU pour l'Afghanistan, Lakhdar Brahimi, devait présenter mardi 4 décembre aux délégués une liste de noms dressée à partir des candidats proposés par les quatre délégations.

La répartition des portefeuilles entre les différentes factions consitutait, selon lui, «un passage difficile à franchir».

L'Alliance du Nord, qui a chassé les talibans des trois quarts de l'Afghanistan et contrôle Kaboul, a proposé que la présidence du gouvernement soit confiée au chef pachtoune royaliste Hamid Karzaï, qui se bat actuellement près de Kandahar (sud-est), le fief des talibans.

En échange, elle revendique les portefeuilles-clés de l'Intérieur, de la Défense et des Affaires étrangères.

Hamid Karzaï, 44 ans, est né à Kandahar, dans le puissant clan pachtoune des Popalzaï. Il a rejoint la lutte antisoviétique en 1982 avant de devenir vice-ministre des Affaires étrangères en 1992, après la chute du régime pro-soviétique de Najibullah.

Les partisans de l'ex-roi Mohammed Zaher Shah, 87 ans, exilé à Rome depuis 1973, ont de leur côté suggéré le nom d'Abdul Sattar Sirat, un Ouzbek, pour diriger le cabinet intérimaire. Mais le ministre des Affaires étrangères de l'Alliance, Abdullah Abdullah, a déclaré mardi qu'il préférait que le poste soit confié à un Pachtoune.

«J'ai du respect pour les deux hommes, mais un Pachtoune, en ces temps, marquerait la fin d'un cycle (celui du président Burhanuddin Rabbani issu de l'ethnie tadjike: NDLR). Pour avancer, je préfère un Pachtoune», a dit M. Abdullah, en pronostiquant un poste de vice-président pour M. Sirat.

Le président Rabbani, renversé par les talibans en 1996, est toujours le seul représentant légal afghan reconnu par l'ONU. Revenu à Kaboul le 17 novembre, il dirige l'Alliance du Nord, qui rassemble principalement les ethnies minoritaires tadjike, ouzbèke et hazara.

Conscient des réticences de M. Rabbani à l'égard de la conférence de Bonn, l'ONU lui a lancé un appel pour qu'il ne bloque pas le processus de transition.

Une femme vice-présidente !

M. Abdullah a indiqué qu'il espérait obtenir le portefeuille des Affaires étrangères dans le prochain cabinet et a annoncé qu'un des cinq vice-présidents serait une femme.

Il a souligné que la répartition ethnique de l'Afghanistan serait strictement respectée, 11 des 29 postes devant revenir, selon lui, aux Pachtounes, qui représentent, a-t-il dit, 38% de la population.

S'appuyant sur un recensement datant de plus de 25 ans, il a ajouté que la proportion de Tadjiks était d'environ 27%, les Hazaras (chiites) environ 17% et les Ouzbeks 6%.

Une force sou mandat de l’ONU

L'ONU a également prévu de constituer une «commission indépendante spéciale» de 21 membres qui sera chargée de convoquer au printemps une Loya Jirga d'urgence, assemblée traditionnelle de notables afghans. La présidence de cette commission sera confiée au roi Zaher Shah.

Elle sera chargée de former un nouveau gouvernement de transition pour une période de 18 mois qui débouchera sur une Constitution et des élections démocratiques.

Dans le domaine de la sécurité, condition posée par la communauté internationale pour participer à la reconstruction de l'Afghanistan, les délégués ont donné leur accord au déploiement «d'une force sous mandat des Nations unies en Afghanistan», à Kaboul et ses environs dans un premier temps.


 

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