|
|
![]() |
![]() |
|
|
INFOS - DOSSIER |
|
L'actualite
|
Fantassin de Ben Laden, |
Hervé Djamel a basculé de l’islam à la lutte armée
Itinéraire d’un
petit |
soldat d’Allah
|
Ce 12 décembre 2000, Hervé Loiseau brille par son absence dans le box du tribunal correctionnel de Paris qui rend son jugement dans l’affaire dite «des islamistes du Mondial» arrêtés en mai 1998 dans un vaste coup de filet européen quelques mois avant l’ouverture de la Coupe du monde. A 27 ans, celui qui veut qu’on le prénomme Djamel n’a donc pas pu entendre sa condamnation à un an de prison dont huit mois avec sursis pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste». Ce 12 décembre, Hervé Djamel Loiseau vit, depuis déjà près de neuf mois, quelque part entre le Pakistan et l’Afghanistan et s’entraîne dans les camps d’Al Qaida. Un an plus tard, le 18 décembre 2001, son corps gelé est retrouvé dans les montagnes afghanes bien loin de son 12e arrondissement natal. « Militant de base », « Petit soldat », les spécialistes de l’antiterrorisme se gardent bien d’exagérer son importance. Mais dans sa banalité même, le parcours d’un Hervé Djamel Loiseau résume les dérives de ces militants pour qui la redécouverte d’une islamité perdue a débouché sur l’engagement dans la guerre sainte contre l’Occident. Pour les policiers, Loiseau apparaît en 1997-1998 quand ils le repèrent dans l’entourage d’un certain Omar Saïki. Un homme qui, à en croire les déclarations de Loiseau lui-même, va jouer un rôle majeur dans son enrôlement. Omar Saïki, 29 ans, est l’un des lieutenants en France du leader du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), né d’une dissidence du GIA algérien. Arrêté le 26 mai 1998 en Allemagne, Saïki est extradé en octobre vers la France et condamné à 4 ans de prison le 12 décembre 2000. A l’en croire, c’est en 1995 qu’Hervé Djamel Loiseau croise sa route. Né le 21 mars 1973, ce fils de Saïd Belhadj, Kabyle non pratiquant, et de Chantal Loiseau, est alors un jeune homme sans histoire. Seule faille, le divorce de ses parents alors qu’il avait cinq ans. Rien d’étonnant non plus à ce que, la vingtaine passée, Hervé souhaite mieux connaître une religion dont il ne sait rien. Un mouvement lui tend les bras, celui du Tabligh. Fondé en Inde en 1927, il apparaît en France en 1968 et est enregistré en 1972 sous la dénomination d’« Association foi et pratique ». Piétistes, les Tablighi sont souvent comparés aux Témoins de Jehovah dont les rapprochent leur discours missionnaire et leur volonté de convertir (ou de réislamiser) ceux qu’ils rencontrent. Une fois séduites, les recrues les plus prometteuses se voient ouvrir les portes du Royaume-Uni, centre européen du mouvement, puis celles de Lahore, au Pakistan. Soulignant que le Tabligh est un mouvement religieux légal, sans lien avec la nébuleuse terroriste islamiste, les spécialistes de l’antiterrorisme remarquent que, de Khaled Kelkal à Hervé Djamel Loiseau en passant par Zacharias Moussaoui, nombre de militants islamistes sont passés par le mouvement. Directeur des Cahiers d’Orient et auteur des Réseaux d’Allah (Plon), Antoine Sfeir remarque que « le Tabligh ne recrute pas pour Oussama ben Laden mais prépare le terrain à ses recruteurs en endoctrinant les jeunes dans un islam radical ». Effectuant son service militaire à Colmar d’août 1995 à mai 1996, Hervé Djamel Loiseau y fréquentera la mosquée Tabligh locale après avoir fait de même dans leurs homologues parisiennes. A son retour, il se radicalise encore avant d’effectuer en avril et mai 1998 un séjour à La Mecque en compagnie d’un membre du réseau Saïki. Son arrestation, le 26 mai 1998 dans un appartement de Noisy-le-Sec, scelle sa plongée dans l’action armée. Libéré le 8 septembre 1998 et placé sous contrôle judiciaire, il quitte la France pour Londres début 2000. Le 11 mars, il s’envole pour Lahore. Pour Hervé Djamel Loiseau, l’heure du djihad est arrivée. Jean CHICHIZOLA
|