France-Amérique figaro2.gif (11063 bytes)
INFOS - DOSSIER

L'actualite

- International
- Politique
- Economie
- Actualité
- Sports
- Culture
- Magazine
- Sciences
- Multimedia

Le courrier français des Etats-Unis

Dossiers

 

Les Etats-Unis en guerre

Les archives de France-Amérique
Semaine du 22 au 29 mars 2002

 

Le film de deux cameramen français a été diffusé par CBS six mois après la catastrophe
 Le 11 septembre en direct avec les pompiers

Plus de 40 millions de téléspectateurs américains sont restés rivés devant leur petit écran dimanche soir 10 mars pendant les deux heures du film « 9/11 » diffusé par la chaîne CBS. Réalisé à partir de la vidéo de deux cameramen français, ce documentaire a été présenté à l’occasion de l’anniversaire des six premiers mois après la double attaque- suicide contre le World Trade Center.

C’est l’une des plus étonnantes histoires de la tragique semaine qui suivit la catastrophe. Jean-Jacques Naudet, le correspondant du groupe Hachette Filipacchi Médias, a suscité une passion chez ses deux fils : le documentaire d’actualité.

Depuis deux mois, Jules et Gédéon Naudet réalisaient, caméra sur l’épaule, un documentaire sur un rookie (un débutant) d’une caserne de pompiers new-yorkaise. Le 11 septembre, à 8 heures du matin, les deux frères munis chacun d’une caméra devaient filmer, pour l’un, la tour nord du World Trade Center et pour l’autre, la tour sud.

Jules Naudet est dans la tour nord ce matin-là, lorsqu’une fuite de gaz détectée dans la rue à quelques centaines de mètres de la tour l’oblige à sortir avec le capitaine de l’escouade.

A 8 h 45, au pied des tours, Jules Naudet filme donc une simple intervention des pompiers en pleine rue. Quand un Boeing 767 volant à très basse altitude passe juste au-dessus de leurs têtes. Intrigué par ce survol inhabituel, le cadet des frères Naudet a juste le temps de cadrer l’appareil de ligne avant qu’il ne s’encastre sur la tour nord du World Trade Center.

Jules Naudet est le seul à avoir filmé ce premier impact. Les images feront évidemment le tour de toutes les télévisions du globe qui les diffuseront en boucle le lendemain de l’attentat.

L’histoire ne s’arrête pas là. Jules Naudet ébranlé par la violence de cet événement ne perd pas son sang-froid pour autant, et essaie de rejoindre son frère car il ne sait pas, à ce moment-là, s’il est encore en vie.

Et il découvre alors son frère en plein travail. Libres de toute entrave, accompagnés seulement des pompiers, les deux frères vont tout filmer pendant cinq heures.

Les deux journalistes sont présents dans le World Trade Center, lorsque le second Boeing, 18 minutes plus tard, vient heurter de plein fouet la tour sud cette fois. La situation prend alors une tournure catastrophique. Plus de 260 pompiers de la ville de New York périssent, devant les caméras de Jules et Gédéon.

Portés et protégés par le désir d’informer, les deux frères sont sains et saufs. Tout comme ce médecin qui a aussi filmé la chute des tours jumelles. Ils sont aux premières loges, aux côtés des pompiers de la ville pour assister à l’intervention des premiers secours.

Le soir de ce premier jour de cauchemar, deux agents du FBI les attendent à leur domicile. Prévenus par la compagnie de pompiers, les agents du bureau fédéral exigent les bandes vidéo et autorisent seulement les deux Français à réaliser une copie des images de l’impact.

Suivant les conseils de leur père, Jules et Gédéon Naudet décident d’apporter cet extrait de copie au bureau new-yorkais de l’agence de photos, Gamma.

L’agence diffuse aussitôt ces images extraordinaires et en extrait des photos qui viendront illustrer les pages des plus grands magazines internationaux et français. La chaîne américaine CNN diffusera à son tour ces quelques secondes montrant l’avion aller s’écraser dans le building.

Mais c’est CBS qui obtint les droits, avant de les céder à la chaîne française TF1 qui diffusera le film le 11 septembre prochain pour le premier anniversaire de la tragédie. Les deux cameramen Français ont aussi donné une cassette aux pompiers de New York qui voulaient réétudier leur réaction aux attentats.

D’autres vidéos ont fait le tour des casernes pour faire le compte des présents et des absents du hall d’entrée. Jules et Gédéon se sont déjà engagés à faire des copies pour les proches des disparus.

Nul ne sait ce qu’il adviendra de l’intégralité du film dont la valeur est inestimable aussi bien du point de vue financier mais surtout du droit à l’information.


 








 

IMPRIMER
Copyright (c) FA. 2000.