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À moins de 9 % de chômage et, soudain,
les Français voient la vie en rose... Jean-Louis Borloo
ne va pas jusque-là. Mais " il existe des effets psychologiques
de seuil, 8,9 % en est un. On commence à rentrer dans un
cercle vertueux perceptible, un cercle de confiance ", veut
croire le ministre de l'Emploi. Les chiffres publiés hier
soir traduisent en tout cas un nouveau recul du nombre de demandeurs
d'emploi fin juillet, à 2,16 millions (- 26 700 en un mois,
soit une baisse de 1,2 %). Au taux de 8,9 %, " c'est le meilleur
résultat depuis novembre 2001 ", souligne le gouvernement.
Jeunes, seniors, femmes, chômeurs de longue durée
: toutes les catégories profitent de l'amélioration.
Les inscriptions à l'ANPE sont en baisse de 2,1 % sur trois
mois et les sorties pour reprise d'emploi en hausse de 5,4 %.
Sur un an, le nombre d'offres d'emploi augmente de 4,1 %.
Pour Jean-Louis Borloo, cette tendance au recul du chômage,
qui se confirme depuis plus d'un an, ne doit rien aux radiations
- stables sur les trois derniers mois - ni au papy-boom. Le secrétaire
général de la CFDT, François Chérèque,
voit pourtant dans les départs en retraite, " beaucoup
plus nombreux que prévu ", l'une des raisons de l'amélioration,
avec la " création d'emplois réels " et
les emplois aidés. Pour la CGT, de toute façon,
" les chiffres officiels ne reflètent pas la réalité
exacte ", assure Bernard Thibault.
Prochaines étapes, pour Jean-Louis Borloo : la barre symbolique
des 2 millions de chômeurs. " J'espère être
encore ici ", Rue de Grenelle, pour la voir franchie. Quant
à " l'objectif de 7,9 % fin 2007 ", il est "
probablement réalisable ", estime le ministre. Le
suivi personnalisé des chômeurs ou le plan de développement
des services à la personne " n'ont pas encore produit
tous leurs effets ".
Mais le ministre de l'Emploi juge que la " bataille de l'emploi
" ne sera pas gagnée tant que l'on n'aura pas "
réduit de moitié des inégalités territoriales
". Le chômage frappe en banlieue bien plus qu'ailleurs.
" Je suis obsédé par l'équité
territoriale ", martèle Borloo. Le troisième
train de mesures pour l'emploi, que Dominique de Villepin dévoile
aujourd'hui, vise donc particulièrement les jeunes des
quartiers difficiles.
Une nouvelle forme de stage devrait être proposée,
rémunérée au même niveau que la formation
professionnelle, soit 340 euros par mois. Les jeunes concernés
seraient suivis par un tuteur. Autre façon de leur mettre
le pied à l'étrier, les jeunes signataires d'un
contrat d'insertion dans la vie sociale (Civis) bénéficieront
d'une aide à la recherche d'emploi assurée par des
entreprises privées.
Le dispositif à destination des chômeurs de longue
durée, qui figurent eux aussi parmi les publics ayant le
plus de difficulté à retrouver un travail, sera
également renforcé. L'État devrait entièrement
prendre à sa charge les contrats d'avenir pour les titulaires
de l'allocation spécifique de solidarité - les chômeurs
" en fin de droit " - depuis plus de deux ans. Jusqu'ici
sa participation atteint 90 % la première année,
75 % la deuxième et 50 % la troisième. Enfin l'aide
aux chômeurs créateurs ou repreneurs d'une entreprise
(Accre) serait également améliorée.
En revanche, l'extension du CNE aux entreprises de 20 à
50 salariés, souhaitée par le Medef, n'est pas à
l'ordre du jour. Pas plus que la généralisation
du contrat de transition professionnelle, expérimenté
dans sept bassins d'emploi : Jean-Louis Borloo fait " le
pari qu'il donnera des résultats spectaculaires "
mais, avec moins de 500 CTP signés pour le moment, il est
trop tôt pour mesurer leur efficacité réelle.
Les exonérations de charges patronales seront, elles, étendues
dans les petites entreprises (lire ci-dessous), malgré
les doutes de la Cour des comptes sur leur efficacité.
" On peut débattre du coût par emploi créé
mais on ne peut pas dire que les allégements de charge
vont contre l'emploi ", tranche Borloo, persuadé en
tout cas que le " débat sur le financement "
de la protection sociale sera " au coeur de la campagne présidentielle
".
Olivier AUGUSTE
LE FIGARO ®
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