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AFRIQUE
Le mandat du président Laurent Gbagbo devrait être
renouvelé. |
L'ONU
devra trancher la crise ivoirienne
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Les élections présidentielles
ne pourront être organisées avant le 31 octobre, pour
des raisons techniques. Depuis cette annonce du représentant
de l'ONU en Côte d'Ivoire, Pierre Schori, le pays connaît
de nouveau une intense activité politique et diplomatique.
A la mi-septembre, une réunion de l'ONU, en marge de l'Assemblée
générale, doit décider de l'avenir du pays.
Prolongé d'un an, le mandat du président Laurent Gbagbo,
qui touche à son terme, sera discuté. Selon des diplomates
occidentaux, il devrait être renouvelé pour une période
non déterminée. L'opposition, qui considère
que le président est le seul responsable des blocages du
processus de paix, s'y oppose farouchement. Le principal intéressé
se place quant à lui au-dessus de la mêlée.
Il estime que la Constitution, qui prévaut selon lui sur
les résolutions de l'ONU, lui permet de rester en place jusqu'aux
élections suivantes.
Afin d'obtenir un consensus et d'éviter de nouveaux incidents,
les rencontres se multiplient. Il faut trouver des solutions, et
vite. Le ministre français de la coopération, Brigitte
Girardin, doit rencontrer aujourd'hui trois des principaux protagonistes
: l'ancien président Henri Konan Bédié, l'ancien
premier ministre Alassane Ouattara et le leader des rebelles, Guillaume
Soro. Lundi, à l'invitation du premier ministre, Charles
Konan Banny, ces responsables ivoiriens devraient s'entretenir en
présence du président sur les blocages. Enfin, la
dixième réunion du Groupe de travail international
(GTI), créé par l'ONU pour suivre l'évolution
du processus de paix, doit avoir lieu le 8 à Abidjan.
Selon le président gabonais Omar Bongo, tant que " les
quatre " acteurs de la crise " ne seront pas ensemble,
il ne se passera rien ". Après s'être entretenu
avec Jacques Chirac, il a proposé que Gbagbo reste président
pendant une nouvelle transition de deux ans, tout en partageant
son pouvoir. Ouattara serait nommé vice-président,
Bédié président de l'Assemblée constituante
et Soro premier ministre.
Ce schéma, qui a fait ses preuves en République démocratique
du Congo, où le président a été secondé
par quatre vice-présidents, semble cependant ne pas être
adapté à la Côte d'Ivoire. Le parti présidentiel
et des observateurs occidentaux le jugent fantaisiste. Le partage
du pouvoir a déjà été expérimenté
sous différentes formes depuis les accords de Marcoussis,
signés en janvier 2003. Soro est déjà numéro
deux du gouvernement, qui compte des représentants de tous
les partis signataires des accords de Marcoussis. Afin de dépassionner
le débat, certains diplomates proposent à l'inverse
d'éloigner les politiciens autour desquels la haine s'est
cristallisée depuis quatre ans, et de faire appel à
la société civile pour organiser les élections
libres, justes et transparentes, que tous réclament.
L'avenir du premier ministre est également au coeur de toutes
les interrogations. Accueilli en France comme un chef d'Etat, soutenu
inconditionnellement par le GTI, Banny n'a pas répondu aux
espoirs placés en lui il y a près d'un an. Malgré
l'énergie déployée, son bilan reste très
médiocre. Les rebelles se sont retirés du dialogue
entre militaires sur le désarmement. Les milices quant à
elles n'ont concédé qu'un simulacre de désarmement,
en remettant quelques dizaines de kalachnikov à l'ONU.
L'autre dossier épineux - l'identification des populations
- est au point mort. Elle concerne 3 à 4 millions d'Ivoiriens
sans papiers qui, une fois leur carte d'identité en main,
pourraient s'inscrire sur les listes électorales. Si ces
millions d'Ivoiriens, souvent favorables à l'opposition,
obtiennent le droit de vote, Gbagbo sait qu'il perdra les élections.
Pour lui, les listes électorales doivent donc être
simplement actualisées, en y ajoutant les jeunes devenus
majeurs depuis les dernières présidentielles de 2000.
" Une liste électorale, on ne la fait pas quand les
élections arrivent. Elle est permanente ", a-t-il déclaré
le week-end dernier. Pour Chirac, au contraire, les élections
doivent être " fondées sur des listes électorales
renouvelées ".
Pour mettre un terme à l'enlisement de la crise ivoirienne,
la communauté internationale doit rapidement faire taire
ses dissensions internes, notamment entre la France et l'Afrique
du Sud. L'application de sanctions individuelles contre certains
dirigeants, brandies depuis décembre 2004, pourrait également
les obliger à respecter enfin les engagements pris il y a
près de quatre ans.
Mark Boller
LE FIGARO
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