France-Amérique

INFOS - SCIENCES ET MEDECINE

 


- International
- Politique
- Economie
- Société
- Sports
- Culture
- Magazine
- Sciences
- Multimedia

- Dossiers
- Forum
 
 

- Guide USA
- Education
-
Gastronomie

- Tourisme
- Info Service

 

- Agenda
- Télévision
- Livres

 

- Le courrier français des Etats-Unis
- Circonscriptions consulaires

 

 

 

 

 

URGENCES Chaque jour en France, une personne perd un doigt arraché ou amputé par un anneau

Alliances et bagues: attention, danger


C'est l'accident injuste, stupide, inévitable et aux conséquences disproportionnées. Vous sautez d'un véhicule, vous franchissez un grillage, vous tombez d'un escabeau, ou vous accrochez vos clés. Le barillet de clé, la fermeture de porte ou le grillage se glissent entre le doigt et la bague : celle-ci est emmenée avec force et va comme un emporte-pièce, comme un véritable " fil à couper le beurre ", couper et emmener avec lui la peau, les vaisseaux, les tendons. Si la traction est suffisante, le doigt est carrément amputé !


La Commission de sécurité des consommateurs, la Fédération européenne des services d'urgences (Fesum) et le congrès Urgences 2006 tenu du 7 au 9 juin à Paris, se sont à nouveau émus de ce danger, ont émis des recommandations (en particulier aux sportifs et aux femmes) et appelé les pouvoirs publics à organiser la prévention. Car le problème, largement méconnu du public, n'est pas nouveau.
Dans les années 1950, le Pr Raymond Villain, à l'origine des centres SOS mains, obligeait déjà ses jeunes internes à couper leurs alliances pour éviter ce risque pour eux-mêmes ! En 2004 lors du 40 e congrès de chirurgie de la main, les organisateurs ont rappelé qu'il y avait chaque année 620 000 traumatismes graves de la main en France ; ils ont à nouveau mis en garde le public sur le danger potentiel des bagues et anneaux.
La Fesum estime que le port de bagues serait à l'origine d'une amputation par jour (350 par an). 90 % des arrachements digitaux traités par ces services d'urgences mains et 13 à 15 % de toutes les amputations digitales (il y a aussi les accidents du travail et sportifs) pratiquées annuellement sont dus à ce phénomène traumatique brutal, baptisé " ring finger ". À noter que l'armée américaine a interdit aux soldats d'active le port de tout bijou de ce type. Bien loin des activités militaires ou sportives, 62 % des 1,4 million de traumatismes de la main (soit 870 000 accidents) sont domestiques.
Les lésions digitales résultant du port de bagues et d'alliances (aussi appelées " doigts d'alliance ") sont parmi les accidents de la main les plus graves et les plus difficiles à traiter.
En effet, au contraire d'une plaie " franche " la traction d'une bague sur un doigt provoque un phénomène d'avulsion (ou arrachement) des tissus. La peau, les nerfs, les vaisseaux, les tendons et le système ostéo-articulaire ne cèdent pas de la même manière, ce qui peut conduire à un " dégantement " partiel ou total du doigt selon le matériau constitutif de la bague, son ajustement au doigt, la violence et l'angle du mouvement.
Une étude de l'université de San Diego sur cadavres, a montré dans 90 % des cas qu'une force exercée de 80 newtons provoque des atteintes des chairs sans rupture des nerfs, vaisseaux, tendons et articulations ; les premiers arrachements digitaux interviennent dès 111 newtons.
Pour éviter ces drames, les chirurgiens de la main ont proposé que soient coupées les alliances, pour affaiblir leur résistance à l'arrachement, mais cela leur ôte leur caractère symbolique de l'union. Les bijoutiers ne souhaitent pas communiquer à leur clientèle cette notion de risque au moment d'un achat d'un bijou, et la réglementation est muette sur ce point précis.


Jean-Michel BADER

 

Un joaillier amateur de prévention

Pierre Voeltzel, joaillier artisan place Vendôme à Paris, a mis au point avec un chirurgien de la main, le Dr Thierry Dubert (secrétaire général de la Fédération européenne des services d'urgences mains), une bague de sécurité, dont le procédé est breveté dans le monde entier. Conscient des risques d'arrachage et d'amputation digitale, et bravant les préjugés de sa frileuse profession, il a créé un produit commercial, l'alliance Adlife, qu'il présente systématiquement à tous les futurs fiancés. Un minuscule carottage dans le corps de l'anneau en or emporte un cylindre de matière. Celui-ci est ensuite replacé, soudé et poli en place, il est invisible ; la continuité de l'anneau, donc du symbole d'union est respectée, mais il cède au moindre choc. " Nous pouvons participer à cette action de prévention et éviter des drames ", assure Pierre Voeltzel. Le surcoût est d'environ 30 euros : et le joaillier accepte même de transformer toutes bagues et alliances existantes !

 
 
IMPRIMER
Copyright (c) FA. 2000.

Pour en savoir plus : l'édition papier de France-Amérique qui paraît en kiosque chaque jeudi.
ABONNEZ VOUS