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Les Français fument moins mais les
plus dépendants n'arrivent pas à arrêter ;
ils boivent moins d'alcool mais la fréquence des épisodes
d'ivresse est stable ; ils font assez peu d'exercice physique
; sont près de 8 % à avoir souffert de dépression
l'an dernier ; par ailleurs, 80 % des 15-24 ans ont utilisé
des préservatifs lors de leurs premiers rapports sexuels...
L'Institut national de prévention et d'éducation
pour la santé (Inpes) vient de dresser une sorte de portrait-robot
détaillé de l'état de santé des Français
et de la manière dont ils se protègent contre les
principaux risques accessibles à la prévention.
Cette enquête " Baromètre Santé "
porte sur un échantillon représentatif de 30 514
Français âgés de 12 à 75 ans, interrogés
par téléphone en 2005 par des enquêteurs ayant
bénéficié d'une formation spécifique.
Réalisé tous les quatre ans depuis 1992, ce baromètre
permet de suivre l'évolution dans le temps des comportements
et de mesurer l'impact des programmes sanitaires (mesures législatives,
campagnes de prévention, programme d'éducation...).
" Un des intérêts de cette dernière enquête
réside dans les nouveaux thèmes abordés,
comme la dépression ou encore la pratique de l'exercice
physique, explique Philippe Lamoureux, directeur de l'Inpes. Mais
la stabilité de la majeure partie du questionnaire, d'une
enquête à l'autre, permet une analyse de l'évolution
des comportements de santé des Français au fil des
générations. "
Certaines tendances sont renforcées cette année.
Ainsi un des faits marquants est la diminution de la consommation
tabagique, tant pour les hommes que pour les femmes, pour les
plus jeunes comme pour les plus âgés. Cela confirme
le bien-fondé de la politique de prévention menée
au cours des dernières années, avec l'augmentation
du prix des cigarettes, les campagnes télévisuelles
plus agressives, les limitations de fumer dans les lieux publics.
Le phénomène est d'autant plus important en terme
de santé publique qu'un tiers des décès prématurés
seraient dus au tabac.
" L'existence d'une spécificité masculine est
un point sur lequel il me semble indispensable d'attirer l'attention,
poursuit Philippe Lamoureux. L'absence d'amélioration de
la proportion de consommateurs masculins fortement dépendants
aux substances psychoactives, tabac, alcool, drogues illicites,
alors que le nombre d'usagers est en régression et la persistance
de comportements moins favorables à la santé que
chez les femmes dans d'autres domaines comme la nutrition, la
violence, les accidents, doivent conduire à des modes d'intervention
spécifiques tenant compte du ' genre'. "
De manière générale, la majorité des
personnes interrogées (88,7 %) déclarent être
tout à fait ou à peu près bien portantes.
Les hommes obtiennent un meilleur score de qualité de vie
que les femmes, ce qui est d'autant plus étrange qu'ils
adoptent des comportements plus à risque comme nous venons
de le voir. Enfin, par rapport à l'an 2000, une diminution
du score de santé générale (physique, mentale
et sociale) est observée parmi les 15-19 ans alors que
ce même score augmente chez les 55-75 ans.
Martine PEREZ
Des curs inégaux devant le café
La consommation de café est-elle mauvaise pour le cur
? Le débat sur ce sujet, sans cesse renouvelé, vient
de s'enrichir d'une nouvelle étude publiée début
mars dans le Jama. Celle-ci aboutit à une conclusion inédite
: une surconsommation de café pourrait augmenter le risque
d'infarctus mais seulement chez les personnes qui pour des raisons
génétiques éliminent lentement le café.
Pour les autres, cette boisson ne présenterait pas de risque
particulier. Au cours des vingt dernières années,
pas moins d'une vingtaine d'études se sont penchées
sur cette question, avec des conclusions globalement contradictoires.
Des chercheurs de l'université de Toronto (Canada) viennent
de s'intéresser au sujet sous un angle particulier. Partant
du fait que le café est transformé dans l'organisme
grâce à un enzyme (le cytochrome P450 1A2) qui existe
sous deux formes génétiques selon les individus,
l'une permettant un métabolisme rapide du café (CY1A2
1 F), l'autre un métabolisme lent (CY1A2 1A), les scientifiques
se sont demandé si les effets cardiaques du café
ne variaient pas selon ces caractéristiques génétiques
individuelles.
Ils ont donc comparé 2 014 malades atteints d'infarctus
recrutés dans six hôpitaux du Costa Rica à
2 014 témoins en bonne santé de même âge,
de la même ville, du même niveau social. Tous ont
bénéficié d'une prise de sang pour déterminer
le type de leur fameux cytochrome et d'un interrogatoire pour
mesurer la consommation de café et les autres facteurs
de risques.
À l'issue de leur enquête, les auteurs concluent
que quatre tasses ou plus de café par jour multiplient
globalement par 1,4 le risque d'avoir un infarctus. L'analyse
plus fine dévoile cependant que le risque d'infarctus lors
d'une forte consommation de café n'est augmenté
que pour les individus qui métabolisent lentement le café.
Pour ceux-là, le risque d'infarctus pour deux ou trois
tasses et quatre tasses de café par jour est respectivement
multiplié par 1,36 et 1,64.
À noter que 54 % des personnes étudiées (malades
ou témoins) étaient dotées du gène
" métabolisme lent ". Pour ceux qui éliminent
vite le café, le risque cardiaque n'est pas majoré
y compris pour les grands adeptes du " petit noir ".
" On sait depuis longtemps que le café a un effet
sur le cur et notamment sur les troubles du rythme, comme
la tachycardie, précise le docteur Yves Benacin, cardiologue
à Paris. Dans la mesure où l'on ne va pas aller
caractériser les enzymes métabolisant le café
pour tous nos malades, des conseils de bon sens, comme, par exemple,
la limitation de la consommation quotidienne, restent valables.
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