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Souvent,
autrefois, l'" oracle " du temps qu'il allait faire
était donné par les animaux. Sur l'air de, par exemple,
" Ane qui brait sans fin, pluie le lendemain ". La grenouille,
le cloporte, le cheval, le chat, le chien, etc., par leur comportement,
étaient mis à contribution pour établir les
premiers " bulletins " météo. Mais nos
ancêtres paysans, à force d'observations - et parfois
de superstitions -, n'hésitaient pas à voir plus
loin et à prédire le temps des prochaines saisons.
" Petite pluie d'avril fait bonne saison " ; "
Hiver trop beau, été en eau " ; " Mars
nébuleux, été pluvieux" etc.
Aujourd'hui, la Terre - ses mers et océans, son atmosphère,
ses sols - est bardée de capteurs et scrutée en
permanence par des satellites spécialisés. Les températures,
vents, degrés d'humidité, pressions, sont relevés
en continu. Les éléments les plus importants de
la " mécanique " climatique sont, grosso modo,
identifiés. Et, concernant les prévisions météorologiques,
la chose que l'on sait maintenant avec certitude, c'est que, sous
nos climats tempérés, on ne pourra jamais prédire
avec fiabilité le temps qu'il fera au-delà d'une
quinzaine de jours. Non parce que le système est trop compliqué.
Mais parce qu'il est par essence chaotique, donc imprévisible
à long terme. Ce qui n'empêche pas tous les plus
grands organismes météorologiques de tenter d'établir
des prévisions à trois mois ou même six mois.
Contradiction ? Non car il s'agit ici de prédire des tendances
: période plus chaude ou plus froide, humide ou sèche.
Pas si simple que cela, pourtant.
Les premières " vraies " prévisions météorologiques
remontent au milieu du XIX e siècle. Leur fiabilité
n'a cessé, lentement, de s'améliorer. Elles vont
aujourd'hui, grâce à des programmes numériques
complexes, du court terme, deux-trois heures à des échelles
de l'ordre de la dizaine de kilomètres (avec une fiabilité
à quarante-huit heures de 85 à 90 %), au long terme,
les essais de prévisions saisonnières, de l'ordre
de trois à six mois portant sur des zones à l'échelle
de 200 à 300 kilomètres. A plus long terme, plusieurs
dizaines ou centaines d'années, on parle d'études
climatiques à l'échelle de la planète.
Les prévisions saisonnières à trois ou six
mois disent, pour les températures et la pluviométrie,
si elles seront proches, au-dessus ou en dessous de la moyenne.
Ce qui donne donc " normal ", " chaud " ou
" froid " et " normal ", " humide "
ou " sec ". Chacune de ces alternatives étant,
au départ, également probables (33 % de chances
pour chacune).
Des tendances pour l'outre-mer
En cette fin mai, les travaux des prévisionnistes de Météo-France
(1), qui portent sur les mois de juin, juillet et août,
ne permettent pas de savoir ce que sera l'été. Car
aucune tendance ne se dégage pour la France métropolitaine.
Ce qui ne veut pas dire que l'été sera " moyen
". Mais qu'il a encore autant de chance d'être "
moyen ", " chaud " ou " froid ". Ou plus
pluvieux. Ou plus sec.
En revanche, une tendance apparaît pour l'outre-mer. Il
devrait pleuvoir plus que la moyenne sur les Antilles et la Guyane,
et il devrait faire chaud dans le Pacifique, en Polynésie
et à Wallis et Futuna, et dans l'océan Indien, à
La Réunion et à Mayotte.
Le Met Office britannique a de son côté un peu plus
de " chance ". Ainsi, pour l'été 2006,
les modèles indiquent que le nord de l'Angleterre pourrait
avoir des températures supérieures aux moyennes,
mais, pour le sud, aucune tendance ne se dégage encore.
Idem pour les précipitations.
A terme, les prévisions saisonnières devraient continuer
à s'améliorer. La mise en service prochaine des
satellites MétéoSat de deuxième génération
devrait, par exemple, permettre de mieux " nourrir "
les modèles numériques. A Météo-France,
l'objectif est de parvenir à des prévisions saisonnières
fiables concernant une France " coupée " en trois,
le tiers nord, le quart sud-est et le reste du territoire.
Même si, insistent les prévisionnistes de Météo-France,
il restera impossible de prévoir aussi longtemps à
l'avance un épisode de canicule ou une période de
grand froid, fournir des tendances peut aider par exemple le monde
agricole à se préparer à des déficits
pluviométriques ou au contraire à de fortes précipitations.
Cela peut servir aux décideurs ou aux producteurs d'électricité
de savoir que l'hiver sera rigoureux (ou doux). Sans parler du
tourisme.
Pour le moment, ces prévisions saisonnières ne sont
au mieux fiables qu'à 60-65 %. Et se trompent régulièrement.
Heureusement. Sinon, de quoi parlerions-nous ?
(1)
Météo-France base ses prévisions sur les
résultats de six modèles. Elle en a deux en propre
plus ceux du Centre Européen, du Met Office britannique,
de l'Agence japonaise et d'un Centre International (IRI).
Pour en savoir plus : De nombreux sites internet dont meteofrance.com
ou metoffice.gov.uk
L'Institut géographique national (IGN) vient de publier
une carte des chaleurs estivales en France qui indique pour 300
villes les températures moyennes en été,
et les records mensuels.
Jean-Luc NOTHIAS
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